LEAD 1-L'Inde veut régler le dossier Rafale avant la visite de Modi

mardi 7 avril 2015 10h34
 

(Actualisé avec réaction de Dassault et déclarations récentes du PDG)

NEW DELHI, 7 avril (Reuters) - L'Inde a demandé à Dassaut Aviation de s'en tenir au prix initialement annoncé pour ses Rafale, faute de quoi le constructeur risque de perdre l'un des plus gros contrats d'avions militaires au monde, écrit mardi le journal Times of India.

Les tractations sur un projet d'achat de 126 Rafale sont en cours depuis plus de trois ans afin de surmonter des divergences portant entre autres sur le prix. Ce contrat sera de nouveau sous les feux de l'actualité avec la visite en France cette semaine du Premier ministre indien Narendra Modi.

Initialement chiffré à 12 milliards de dollars (environ 11 milliards d'euros), le contrat envisagé serait maintenant passé à 20 milliards de dollars (18,3 milliards d'euros), avant tout du fait des retombées liées au fait de construire une partie de ces avions en Inde.

Selon un responsable indien cité par le journal, Dassault veut relever le prix du contrat afin d'englober le coût entraîné par la construction de certains de ces avions en Inde, initiative susceptible d'empêcher la conclusion du contrat.

Le ministère indien de la Défense n'a pas réagi à ces informations tandis que Dassault Aviation s'est refusé à tout commentaire.

En février dernier, le PDG de l'avionneur, Eric Trappier, avait déclaré à l'agence de presse indienne PTI que le constructeur n'avait aucunement modifié ses prix.

"La question du prix est très claire. Nos prix sont les mêmes depuis le premier jour de la procédure. Il n'y a pas de changement sur ce front", a-t-il dit.

En vertu du contrat en gestation, 18 des avions seront livrés clés en main tandis que les autres seront montés dans une usine indienne, dans le cadre des efforts de New Delhi pour se doter d'une base militaro-industrielle.

Le prix des avions a été revu sensiblement à la hausse car Dassault a calculé qu'il faudrait davantage d'heures pour les assembler à l'usine de Hindustan Aeronautics IPO-HIAE.NS à Bangalore, écrit le Times of India. (Sanjeev Miglani, Eric Faye pour le service français, avec Pascale Denis, édité par Jean-Michel Bélot)