L'économie iranienne a beaucoup à gagner de l'accord de Lausanne

vendredi 3 avril 2015 18h32
 

par Andrew Torchia

DUBAI, 3 avril (Reuters) - L'accord conclu jeudi à Lausanne sur le programme nucléaire iranien pourrait, s'il débouche sur un règlement définitif d'ici la fin juin, ouvrir la voie à un réveil économique de la République islamique, aujourd'hui tenue à bonne distance de l'économie mondiale par de multiples sanctions.

"Nous nous préparons à ce moment depuis dix ans", a déclaré par téléphone Ramin Rabii, directeur général de Turquoise Partners, une société d'investissement installée à Téhéran qui gère environ 200 millions de dollars d'actifs.

Ces derniers mois, a-t-il expliqué, Turquoise a été en contact avec des centaines d'investisseurs potentiels étrangers au sujet d'opportunités susceptibles de naître d'une levée des sanctions internationales.

Pour l'instant, l'Iran est exclu du système bancaire international et son commerce extérieur est brimé par les sanctions. Une levée de celles-ci pourrait donc se traduire par des contrats chiffrés en dizaines de milliards de dollars pour les entreprises locales et étrangères.

Le retour de Téhéran sur la scène internationale pourrait aussi rebattre les cartes de l'influence économique dans la région du Golfe, pour l'instant concentrée entre les mains de quelques Etats exportateurs de pétrole.

"Les discussions préparatoires ont déjà commencé entre l'Iran et certains gros investisseurs occidentaux", dans des domaines comme le pétrole et l'automobile, explique l'économiste Mehrmad Emadi, né en Iran et qui travaille aujourd'hui pour le cabinet londonien Betamatrix. "Maintenant, la dynamique va s'accélérer."

Il estime qu'un accord définitif sur le nucléaire pourrait doper de deux points dès la première année, à plus de 5%, la croissance de l'Iran, dont le produit intérieur brut (PIB) avoisine aujourd'hui 380 milliards d'euros.

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