L'Etat en passe d'obtenir des droits de vote doubles chez Orange

vendredi 3 avril 2015 17h14
 

PARIS, 3 avril (Reuters) - L'Etat français bénéficiera l'an prochain de droits de vote double chez Orange, ce qui pourrait lui permettre de vendre une partie de sa participation de 25% sans perdre de son influence sur le numéro un français des télécoms.

La convocation à l'assemblée générale du groupe publiée ce vendredi au Bulletin des annonces légales obligatoires (BALO) ne contient aucune résolution destinée à empêcher la mise en oeuvre de la loi Florange.

Adopté l'an dernier, le texte, qui prendra effet l'an prochain, permet à l'Etat, comme à tout autre actionnaire détenant des titres nominativement pendant deux ans, d'obtenir des droits de vote doubles, lui offrant du même coup l'opportunité de réaliser des cessions d'actions tout en gardant le même contrôle.

Orange a pour actionnaire principal l'Etat français qui détient directement 13,4% de son capital et indirectement, via la BPI, 11,6%.

L'Etat a dit vouloir céder entre cinq et dix milliards d'euros d'actifs à l'horizon du printemps 2016, dont quatre milliards sont inscrits au budget de l'exercice 2015 dans l'optique de contribuer au désendettement.

Les membres de l'exécutif ont laissé entendre que les participations de l'Etat dans l'énergie seraient en première ligne même si d'autres secteurs, à l'image de la défense, pourrait être mis à contribution. et

Début mars, le gouvernement a ainsi annoncé avoir cédé un bloc de 3,96% du capital de l'équipementier spécialisé dans l'aérospatiale, la défense et la sécurité Safran.

La pratique des droits de vote double n'est pas nouvelle en France où 22 sociétés du CAC 40 l'avaient déjà instauré, un chiffre appelé à grossir avec l'entrée en vigueur de la loi Florange.

Parmi les entreprises du CAC où l'Etat détient une part importante du capital, EDF n'a pas prévu de dispositif de blocage anti-Florange au contraire de GDF Suez dont la résolution visant à maintenir le principe "une action-une voix" a toutefois peu de chances d'être adoptée en raison de la décision de l'Etat de voter contre. (Gwénaëlle Barzic et Leila Abboud, édité par Jean-Michel Bélot)