La Grèce à l'offensive sur les réparations de guerre allemandes

mercredi 1 avril 2015 17h16
 

ATHENES, 1er avril (Reuters) - Une commission parlementaire mise en place par le Premier ministre Alexis Tsipras a commencé ses travaux mercredi en vue d'obtenir de l'Allemagne des réparations de guerre pour l'occupation nazie de la Grèce entre 1941 et 1944.

Berlin a rejeté à plusieurs reprises ces dernières semaines les demandes du nouveau gouvernement grec dirigé par le parti de la gauche radicale Syriza, affirmant que ce dossier avait déjà été réglé une fois pour toutes.

La commission parlementaire va se pencher sur les réparations de guerre, sur le remboursement d'un "prêt d'occupation" que la Banque de Grèce avait été forcée d'accorder à l'Allemagne pendant la guerre et sur la restitution de trésors archéologiques.

A la mi-mars, le ministre grec de la Justice Nikos Paraskevopoulos s'était déclaré prêt à appliquer une décision de la Cour suprême datant d'il y a quinze ans, autorisant la Grèce à confisquer des biens allemands pour verser des indemnités aux descendants des victimes d'un massacre commis par des Waffen SS en juin 1944 dans le village de Distomo.

Lors de sa visite à Berlin le 23 mars, Alexis Tsipras a adopté un ton plus apaisé mais la hache de guerre n'a pas été enterrée.

Alexis Tsipras accuse l'Allemagne d'avoir eu recours à des artifices juridiques afin de ne pas verser de réparations de guerre à Athènes.

"Après la réunification de l'Allemagne en 1990, les conditions juridiques et politiques étaient réunies pour régler cette question. Mais, depuis, tous les gouvernements allemands ont choisi le silence et les artifices juridiques, et traîné les pieds", a affirmé le Premier ministre le mois dernier lors d'un débat au Parlement.

Le chef de la diplomatie allemande, Frank-Walter Steinmeier, a déclaré que son pays était tout à fait conscient de sa responsabilité morale et politique dans les "terribles événements" survenus en Grèce pendant la guerre mais a affirmé que le dossier des réparations était définitivement réglé, l'Allemagne ayant versé 115 millions de Deutsche Mark (60 millions d'euros) en 1960 à la Grèce. (Karolina Tagaris, Guy Kerivel pour le service français)