1 avril 2015 / 14:03 / dans 2 ans

LEAD 2-Valls veut réformer le Code du travail pour relancer l'emploi

* Les “frondeurs” du PS réclament des changements économiques

* Valls admet qu‘il peut y avoir un “infléchissement”

* Mais il ne veut pas changer de cap pour les entreprises (Actualisé avec nouvelle réunion des “aubrystes”)

PARIS, 1er avril (Reuters) - Manuel Valls a annoncé mercredi pour la semaine prochaine des propositions “très concrètes” pour l‘emploi, objet d‘un séminaire gouvernemental destiné à tirer les leçons économiques de la défaite de la gauche aux élections départementales.

Dans un entretien au magazine Challenges, le Premier ministre donne des pistes en disant vouloir “ouvrir le chantier de l‘emploi dans les PME” via une réforme du contrat de travail.

“Je suis frappé, lorsque je rencontre des patrons de PME, par la paperasse qu‘ils subissent. Et souvent, ils n‘embauchent pas, car ils craignent d‘avoir des difficultés à se séparer de leurs collaborateurs s‘ils n‘en sont pas satisfaits”, dit-il.

Sur le Code du travail, Manuel Valls se dit “convaincu” de la nécessité de “poursuivre ce chantier” après en avoir beaucoup discuté avec des économistes et des juristes.

Devant l‘Assemblée nationale, le chef du gouvernement a réaffirmé que le cap des réformes serait tenu tout en ouvrant la porte à des “infléchissements” dans la politique conduite, comme le lui demande l‘aile gauche du Parti socialiste.

“Bien sûr il peut toujours y avoir -- il faut être dans l‘écoute -- tel ou tel infléchissement ou tel ou tel changement. Mais sur l‘essentiel, c‘est-à-dire le soutien aux entreprises, la baisse du coût du travail, favoriser l‘emploi, et notamment pour les PME, qui sont celles où travaillent l‘immense majorité de nos concitoyens, c‘est celles qui peuvent créer de l‘emploi, oui ce cap doit être maintenu”, a-t-il déclaré.

Concernant l‘investissement privé et public, le gouvernement “fera un certain nombre de propositions très concrètes” lors du séminaire gouvernemental prévu mercredi prochain à l‘Elysée.

CONTREPARTIES AU PACTE

La préparation de ce rendez-vous est au menu de la réunion bimensuelle du gouvernement de jeudi matin à Matignon.

Lors du conseil des ministres de mercredi, le premier depuis la défaite de la majorité aux élections départementales, François Hollande a de nouveau fixé la ligne à suivre.

Pour l‘essentiel, il s‘agit de soutenir une reprise “qui est confirmée et qu‘on doit conforter par l‘investissement public et privé”, valoriser le travail et favoriser l‘égalité territoriale, a rapporté le porte-parole du gouvernement.

Interrogé sur une éventuelle réaffectation des quelque 40 milliards d‘euros du Pacte de responsabilité, Stéphane Le Foll ne s‘est pas prononcé, tout en insistant sur les contreparties en terme d‘emploi et d‘investissement dans les entreprises.

“Dans beaucoup de branches, elles n‘ont pas encore abouti à des accords. Donc, là-dessus, il y a aussi à discuter”, a souligné Stéphane Le Foll.

Quinze accords ont jusqu‘à présent été conclus dans la cinquantaine de branches professionnelles adhérentes au Medef.

La réorientation de la politique économique fait l‘objet de vifs débats au sein de la majorité, sonnée par la défaite électorale de dimanche, qui l‘a vu perdre la moitié des départements qu‘elle dirigeait auparavant.

Une centaine de parlementaires et d‘élus locaux se sont réunis mardi soir autour de la maire de Lille, Martine Aubry, une des figures de proue de l‘aile gauche du PS.

Les “aubrystes” se réuniront à nouveau mardi prochain pour décider s‘ils déposent une motion au congrès du Parti socialiste qui se déroulera du 5 au 7 juin à Poitiers, une menace implicite pour la ligne majoritaire du parti.

Le gouvernement craint de son côté que la reprise économique qui s‘ébauche ne crée pas d‘emplois, comme tendent à le montrer les derniers chiffres du chômage (+0,4% en février pour les seuls demandeurs d‘emploi sans aucune activité).

La question sera vendredi au menu d‘une conférence sociale “thématique” sur la mise en oeuvre de l‘accord de sécurisation de l‘emploi de 2013 et de la loi qui en a découlé. (Gérard Bon, avec Yann Le Guernigou et Emile Picy, édité par Yves Clarisse)

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