La BNS a dépensé E24,6 mds avant d'abolir le plancher du franc

jeudi 26 mars 2015 11h15
 

ZURICH, 26 mars (Reuters) - La Banque nationale suisse (BNS) a annoncé jeudi avoir dépensé 25,8 milliards de francs suisses (24,6 milliards d'euros) pour défendre sa monnaie à la fin de l'an dernier avant d'abandonner son cours plancher, jugé trop coûteux pour l'économie du pays.

La BNS a pris les marchés financiers par surprise mi-janvier en annonçant l'abandon du cours plancher du franc suisse, ce qui a fait bondir celui-ci face à l'euro et chuter les actions des grands groupes helvétiques.

La banque estime qu'il était nécessaire d'abolir ce cours plancher, en vigueur pendant trois ans, mais cette décision est critiquée avec de plus en plus de virulence par les responsables politiques face au ralentissement de la croissance en Suisse, imputable en partie au raffermissement du franc.

"Les coûts du maintien du cours plancher de 1,20 franc pour un euro auraient été sans commune mesure avec le bénéfice que l'économie en aurait retiré", écrit la BNS dans son rapport annuel publié jeudi.

Vers la fin de l'année, la BNS précise avoir réalisé des opérations sur le marché des changes et acheté des devises étrangères pour un montant total de 25,8 milliards de francs.

La banque centrale helvétique, qui a récemment estimé que ses interventions auraient coûté 100 milliards de francs pour le seul mois de janvier, déclare, dans son rapport annuel 2014 paru jeudi, que la défense du cours plancher "aurait entraîné un accroissement incontrôlable de son bilan dont la somme aurait pu atteindre un multiple du produit intérieur brut (PIB) de la Suisse".

Elle ne fait aucun commentaire laissant penser qu'elle trouve le franc actuellement surévalué, comme elle l'avait fait à l'issue de sa dernière réunion de politique monétaire la semaine dernière.

Le Fonds monétaire international (FMI) a estimé de son côté lundi que la BNS devait envisager un nouvel assouplissement de sa politique monétaire pour freiner le ralentissement de la croissance, par le biais par exemple d'achats d'actifs locaux ou étrangers annoncés par avance.

Depuis le début de l'année la devise suisse est en hausse de près de 14% contre l'euro après un gain de plus de 2% en 2014. (Katharina Bart, Juliette Rouillon pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)