L'Australie prête à rejoindre la banque AIIB

mercredi 25 mars 2015 10h58
 

SYDNEY, 25 mars (Reuters) - L'Australie est "bel et bien" disposée à rejoindre la Banque asiatique d'investissement pour les infrastructures (AIIB), a déclaré mercredi le Premier ministre australien Tony Abbott, mais Canberra veut au préalable connaître le poids de Pékin dans cette nouvelle institution avant de prendre une décision formelle.

Le groupe de médias australien Fairfax Media, citant des sources gouvernementales, a rapporté que le gouvernement fédéral avait approuvé la signature par l'Australie d'un "protocole d'accord" pour une adhésion à l'AIIB.

L'Australie, la Corée du Sud et le Japon sont pour l'instant les grands absents régionaux parmi les membres de cette nouvelle banque basée à Pékin, contre laquelle met en garde Washington.

Les Etats-Unis, préoccupés par la nouvelle influence de la diplomatie chinoise, conseillent les pays qui veulent intégrer l'AIIB d'y réfléchir à deux fois, l'établissement étant considéré par certains comme un concurrent de la Banque mondiale et de la Banque asiatique de développement.

Selon le directeur par intérim de l'AIIB, au moins 35 pays vont intégrer cette nouvelle institution d'ici le 31 mars. Malgré les réserves américaines, la France, l'Allemagne et l'Italie ont la semaine dernière emboîté le pas au Royaume-Uni et décidé de rejoindre l'AIIB.

D'après l'agence Chine nouvelle, Pékin n'aura aucun pouvoir de veto au sein de l'AIIB.

"Nous sommes certainement bel et bien disposés à se joindre à quelque chose qui est en fait une institution véritablement multilatérale avec une gouvernance transparente, une responsabilité claire et des décisions importantes prises par le conseil", a déclaré Tony Abbott.

"C'est vraiment l'élément essentiel pour nous: est-ce que les principales décisions seront prises par le conseil d'administration et est-ce que ce sera une institution multilatérale plutôt qu'un établissement contrôlé par un seul pays," s'est-il demandé lors d'une conférence à Canberra.

Mardi, le ministre japonais des Finances Taro Aso a dit que le Tokyo n'avait pas encore décidé de rejoindre ou non l'AIIB en raison notamment d'un manque de transparence dans la direction de la banque.   Suite...