L'Argentine annonce une croissance 2014 de 0,5%

vendredi 20 mars 2015 22h21
 

BUENOS AIRES, 20 mars (Reuters) - Le gouvernement argentin a annoncé vendredi que la croissance du pays avait ralenti à 0,5% l'an dernier, un chiffre mis en doute par certains économistes indépendants, qui estiment que la dégradation de la conjoncture a été plus forte encore.

La troisième économie d'Amérique latine est affaiblie par la chute de ses réserves de change et l'un des taux d'inflation les plus élevés au monde. Les mesures de limitation des importations de contrôle des changes mises en oeuvre par les autorités ont également contribué à freiner l'activité.

Le gouvernement est en outre soupçonné de manipuler les statistiques officielles.

"La montée des déséquilibres macroéconomiques et la faiblesse de l'investissement maintiennent l'économie dans une situation de déséquilibre nuisible conjuguant une croissance très faible, une inflation élevée et une monnaie de plus en plus surévaluée", commente Alberto Ramos, responsable de la recherche économique Amérique latine de Goldman Sachs.

Après une période de croissance soutenue au début de la présidence de Cristina Fernandez (élue pour la première fois en 2007) grâce à un programme d'investissements publics massifs et à la hausse des cours des matières premières, l'Argentine a subi ces dernières années un net ralentissement, sa croissance tombant à 0,9% en 2012 et 2,9% en 2013.

Les économistes estiment donc que le gouvernement qui sera formé après la présidentielle d'octobre prochain héritera d'une situation économique dégradée et déséquilibrée.

La constitution empêche Cristina Fernandez de briguer un troisième mandat.

Les statistiques officielles publiées vendredi donnent pour le quatrième trimestre 2014 une croissance de 0,4% sur un an et une stagnation du produit intérieur brut (PIB) par rapport aux trois mois précédents.

Pour 2015, BNP Paribas estime que le PIB devrait reculer de 2,2%, en raison notamment de la montée de l'inflation, qui se traduit par une baisse des revenus réels pesant sur le pouvoir d'achat et la consommation.

(Sarah Marsh, Marc Angrand pour le service français)