LEAD 1-La BCE prête 98 milliards aux banques dans la 3e TLTRO

jeudi 19 mars 2015 12h05
 

(Actualisé avec des précisions, contexte)

FRANCFORT, 19 mars (Reuters) - Les banques de la zone euro ont emprunté 97,8 milliards d'euros à la Banque centrale européenne (BCE) dans le cadre de la troisième opération de refinancement à plus long terme (TLRTO) de cette dernière, soit bien plus que prévu, ce qui semble montrer que la reprise encore timide de la zone euro encourage le crédit.

La BCE proposait ces fonds dans le cadre de l'ensemble de mesures destinées à injecter plus de 1.000 milliards d'euros dans la zone euro et visant à faire remonter une inflation aujourd'hui négative vers son objectif d'un taux inférieur à mais proche de 2%.

Les banques avaient emprunté 82,6 milliards et 129,8 milliards respectivement lors de deux opérations TLTRO faites en septembre et décembre, soit un peu plus de la moitié des fonds proposés l'an passé.

Une enquête Reuters donnait 40 milliards d'euros pour cette nouvelle tranche, que la BCE a rendu plus attrayante en supprimant une prime de 10 points de base au-dessus de son taux de refinancement (-0,05%) appliquée aux deux précédentes opérations.

La banque centrale a précisé que 143 établissements au total avaient participé à l'opération.

Les fonds récoltés par le biais des TLTRO sont supposés être réinjectés dans l'économie réelle et en particulier sous forme de prêts aux PME, la première force économique de la zone euro.

Evoquant une amélioration des indicateurs économique de la zone euro, la BCE a relevé au début du mois sa prévision de croissance pour cette année, à 1,5%, contre 1,0% anticipé en décembre, à l'occasion de la réunion de son comité de politique monétaire.

Même si la collecte de la troisième tranche de TLTRO a dépassé les attentes, la BCE a encore fort à faire pour augmenter son bilan de quelque 1.000 milliards d'euros.

C'est dans ce but qu'elle a lancé son programme d'assouplissement quantitatif (QE) en s'engageant à racheter chaque mois pour 60 milliards d'euros d'actifs, essentiellement de la dette souveraine, jusqu'en septembre 2016 ou jusqu'à ce que l'inflation se rapproche de son objectif.

(Paul Carrel, Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc Angrand)