La BRI s'inquiète des conséquences des taux négatifs

mercredi 18 mars 2015 18h47
 

LONDRES, 18 mars (Reuters) - La Banque des règlements internationaux (BRI) a mis en garde mercredi contre le risque de conséquences nocives des rendements obligataires négatifs sur les marchés financiers mais aussi pour l'économie réelle, voire sur la situation politique et sociale.

La BRI, souvent présentée comme la banque centrale des banques centrales, a dit que les marchés financiers internationaux s'étaient aventurés plus avant encore en territoire inconnu cette année.

Elle faisait référence à la récente vague de baisse de taux directeurs et le passage de certains d'entre eux en territoire négatif ainsi qu'à certaines politiques monétaires très volontaristes comme le programme d'achats massif d'actifs de la Banque centrale européenne, dont le montant pourrait dépasser 1.000 milliards d'euros.

Il est pratiquement impossible de dire comment les investisseurs, les gouvernements et même les épargnants dans leur ensemble se comporteront maintenant que de nombreux placements n'offrent plus de rendement, a dit Claudio Borio qui dirige le département économique et monétaire de la BRI.

Près d'un tiers des titres de dette des Etats de la zone euro offrent des rendements négatifs et la proportion est même plus élevée en Allemagne.

"Si cette évolution sans précédent se poursuit, des limites techniques, économiques, juridiques et même politiques pourraient être testées", a poursuivi Borio. "Les conséquences doivent être suivies de près car les répercussions vont être importantes, sur le système financier et au-delà."

Les banques pourraient voir leur situation financière affectée et les marchés acculés à des ventes paniques.

Une réaction négative de l'opinion publique n'est pas exclue non plus si les actifs doivent par exemple travailler plus longtemps qu'ils ne le pensaient pour compenser le manque à gagner des systèmes de retraite. Et elle pourrait être amplifiée si les Etats doivent augmenter les impôts pour faire face à la chute de leurs revenus.

La BRI s'inquiète aussi de la perspective d'un relèvement des taux directeurs de la Réserve fédérale américaine pour la première fois en près de dix ans, qui viendra mettre un terme à une politique ultra-accommodante à laquelle la BCE vient de se rallier.

Elle souligne aussi que la phase de faible volatilité sur les marchés financiers semble toucher à sa fin et qu'une réduction graduelle de l'appétit pour le risque pourrait se solder par des dégagements massifs sur certaines classes d'actifs si le sentiment des investisseurs se détériore. (Marc Jones, Marc Joanny pour le service français, édité par Marc Angrand)