18 mars 2015 / 12:48 / il y a 2 ans

LEAD 3-L'opposition brésilienne veut une enquête sur Rousseff

(Actualisé, contre-offensive de Rousseff, §§ 4-7)

SAO PAULO, 18 mars (Reuters) - Le Parti de la social-démocratie brésilienne (PSDB), principale formation de l'opposition, a annoncé mardi qu'il allait demander à la Cour suprême d'enquêter sur l'implication éventuelle de la présidente Dilma Rousseff dans le scandale de corruption entourant la compagnie pétrolière Petrobras.

Cette initiative du PSDB, dont le chef Aecio Neves s'est incliné de justesse à la dernière élection présidentielle, fait suite à l'inculpation, lundi, de Joao Vaccari, trésorier du Parti des travailleurs (PT) de Dilma Rousseff, poursuivi pour corruption et blanchiment d'argent.

Plus d'un million de Brésiliens ont manifesté dimanche dans plusieurs villes du pays pour demander la mise à l'écart de la présidente, dont la cote de popularité s'est effondrée.

Pour contrer cette offensive de l'opposition, Dilma Rousseff a présenté mercredi au Congrès plusieurs projets en vue de combattre la corruption et d'interdire les "caisses noires" des partis politiques.

Elle veut aussi faciliter la saisie des biens des personnes convaincues de corruption.

La présidente a également signé le décret d'application d'une loi votée il y a plus d'un an et qui renforce les amendes pour les sociétés coupables de manipulations comptables.

"Je suis sûre que tous les Brésiliens de bonne foi, même ceux qui n'ont pas voté pour moi, savent que la corruption ne date pas d'aujourd'hui", a-t-elle dit.

Selon un sondage Datafolha publié mercredi, 62% des Brésiliens jugent l'action de son gouvernement "mauvaise" ou terrible", alors que 44% étaient de cet avis le mois dernier. Seuls 13% la trouvent "formidable" ou "bonne", tandis que 24% la disent "OK".

La Cour suprême a déjà ouvert une enquête visant 34 responsables politiques brésiliens, dont les présidents des deux chambres du Parlement, soupçonnés d'avoir bénéficié des largesses de Petrobras, mais Dilma Rousseff, qui fut présidente du groupe, ne figure pas sur cette liste.

Les autorités judiciaires suisses ont annoncé mercredi qu'elles avaient découvert 300 comptes dans une trentaine de banques suisses qui pourraient être liés à l'affaire Petrobras.

Elles ont cependant libéré 120 millions de dollars (113 millions d'euros), sur 400 millions, d'avoirs bloqués en Suisse en faveur du Brésil dans le cadre de ce scandale.

Ces 120 millions de dollars seront transférés au Brésil à l'intention des parties lésées.

L'enquête suisse vise huit ressortissants brésiliens, et une neuvième procédure est ouverte contre un inconnu. (Caroline Stauffer et Katharina Bart; Tangi Salaün, Jean-Philippe Lefief et Guy Kerivel pour le service français)

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