Un "Grexit" aurait "de graves conséquences" pour la zone euro

mardi 17 mars 2015 17h38
 

LONDRES, 17 mars (Reuters) - Une sortie de la Grèce de la zone euro aurait de "graves conséquences" pour la zone euro dans son ensemble et poserait la question de savoir ce qui pourrait pousser un autre pays à suivre la même voie, estime Moody's.

Même si les Etats de la zone euro profitent d'une baisse des coûts d'emprunt, aidée par la mise en place du programme massif de rachats d'obligations souveraines de la Banque centrale européenne (BCE), et qu'ils devraient voir leur situation économique se redresser progressivement, les notes de certains pays, comme la France et l'Italie, ne sont pas à l'abri de la tourmente.

La note spéculative "Caa1" de Moody's sur la Grèce est sous surveillance négative, dans l'incertitude quant à l'issue des négociations en cours sur la dette du pays. Un Grexit, scénario du pire dans lequel la Grèce quitterait la zone euro, aurait des conséquences de grande ampleur sur le reste de la zone euro.

"Même si l'impact financier immédiat était limité, la sortie d'un Etat membre d'une union explicitement destinée à être indivisible, soulèverait inévitablement des questions sur les pressions susceptibles d'amener d'autres pays à prendre le même chemin", écrit Kathrin Muehlbronner, une des responsables de l'analyse crédit chez Moody's dans un nouveau rapport.

Le risque le plus évident serait que les autres pays du sud de la zone euro -- comme le Portugal, l'Espagne et l'Italie -- soient confrontés à un accès de défiance des investisseurs qui sont actuellement très demandeurs de leurs obligations.

De son côté, Standard & Poor's avait estimé dans un rapport publié en février qu'une sortie de la Grèce de la zone euro ne comporterait qu'un risque de contagion directe limité pour les autres notations souveraines.

Pour l'ensemble de la zone euro, Moody's estime que les perspectives de crédit sont globalement stables, dans la perspective que les rachats d'actifs de la BCE et la faiblesse de l'euro compensent les pressions déflationnistes.

L'agence note toutefois que la région devrait rester en croissance "modérée" et que les ratios de dette/PIB de la Grèce, de l'Italie, de l'Espagne et de la France, déjà élevés, risquent d'augmenter encore.   Suite...