La dette indexée au PIB, une solution possible pour la Grèce

vendredi 6 février 2015 19h49
 

par John Geddie

LONDRES, 6 février (Reuters) - La proposition d'Athènes d'échanger la dette détenue par ses créanciers de la zone euro contre des obligations dont les intérêts seraient liés à la croissance économique a été fraîchement accueillie par les autres pays de la région.

Alors que les partisans de l'idée y voient une incitation à des réformes, ses détracteurs la considèrent comme un moyen détourné de ne jamais rembourser sa dette.

Mais pour un nombre croissant d'économistes, ces obligations indexées sur la croissance pourraient bien constituer la bonne méthode pour donner des marges de manoeuvre au gouvernement grec afin de remettre sur pied l'économie du pays.

Ces experts expliquent que les créanciers "officiels" (les Etats, banques centrales et institutions publiques) seraient plus à même que le secteur privé de s'assurer d'être remboursés à l'échéance.

"Le secteur officiel aurait plus de pouvoir qu'un investisseur privé s'il avait l'impression qu'un pays truque ses comptes", note Marcus Miller, professeur d'économie à l'université britannique Warwick.

"Il pourrait aussi trouver le moyen de récupérer son argent car l'Union européenne peut faire payer les Etats."

Marcus Miller et le lauréat du prix Nobel d'économie Joseph Stiglitz figurent parmi les 18 économistes qui ont récemment publié dans le Financial Times une lettre expliquant que des obligations indexées sur la croissance pourraient aider la Grèce à remonter la pente.

"Tous les problèmes que nous avons recensés dans le secteur privé concernant ces obligations liées à la croissance ne concernent pas le secteur officiel", dit pour sa part Starla Griffin, de Slaney Advisors, qui a publié en 2013 une étude sur l'attitude des investisseurs envers ces titres.   Suite...