** LE POINT SUR LES MARCHÉS à la clôture en Europe **

jeudi 5 février 2015 17h56
 

PARIS, 5 février (Reuters) - Les Bourses européennes ont terminé jeudi sans
grand changement malgré un repli marqué pour les banques grecques au lendemain
de la brusque décision de la Banque centrale européenne (BCE) de priver le
secteur financier du pays de ses financements.
    La décision de la BCE revient à faire peser sur la seule banque centrale
grecque la responsabilité du financement des banques et marque un revers pour le
gouvernement d'Alexis Tsipras, qui entend négocier un nouvel accord sur la dette
publique. 
    L'indice européen Eurofirst 300 a fini inchangé malgré un plongeon
pour les banques grecques, notamment la Banque nationale de Grèce (-14,97%) et
la Banque du Pirée (-12,31%).
    "La BCE a pris le marché par surprise", déclare un trader basé à Athènes.
"Etant donné la tournure des événements et le fait que les banques grecques
avaient pris plus de 50% sur les cinq dernières séances, elle a donné le signal
pour des prises de bénéfices". 
    À Paris, le CAC 40 a pris 0,15% (7 points) à 4.703,30 points. À
Francfort, le Dax n'a pratiquement pas bougé (-0,05%), tout comme le
FTSE à Londres <+0,09%>. L'indice EuroStoxx 50 de la zone euro
 cède 0,19%.
    L'indice de la Bourse d'Athènes chute pour sa part lourdement
(-3,37%), plombé par les performances des banques. 
    Les marchés du sud de l'Europe sont les plus touchés par la décision de la
BCE avec -0,59% pour la Bourse de Milan et -0,6% pour celle de Madrid
.
    La réaction des places européennes est toutefois mesurée, ce qui semble
suggérer que, malgré le rapport de forces installé par la BCE, les intervenants
de marché pensent que la Grèce et ses créanciers finiront par trouver une
solution. 
    Les courtiers notent en outre que la perspective de l'assouplissement
quantitatif décidé le mois dernier par la BCE adoucit l'impact de la situation
grecque sur les marchés actions.
    Derrière les banques grecques, le titre BNP Paribas (-3,69%)
accuse l'une des baisses les plus prononcées, tirant vers le bas tout le
compartiment bancaire (-0,53%).
    BNP Paribas a prévenu jeudi que la situation économique et le relèvement
programmé de la fiscalité du secteur bancaire allaient peser sur ses
performances après avoir publié un résultat annuel logiquement plombé par son
contentieux aux Etats-Unis.    
    A Paris, la deuxième plus forte hausse du CAC 40 est pour Sanofi 
(+3,6%), qui a annoncé jeudi qu'il comptait se choisir un nouveau directeur
général d'ici à fin mars et a fait état d'une accélération de sa croissance au
quatrième trimestre 2014, la baisse de l'euro face au dollar ayant produit un
effet positif. 
    Sur le marché des changes, l'euro s'est repris après sa glissade de la
veille, progressant de 0,7% par rapport au billet vert et repassant la barre de
1,14 dollar pour un euro suite à l'annonce d'une hausse beaucoup plus
forte que prévu des commandes à l'industrie allemandes. 
    Sur le marché obligataire, les obligations de référence jouent leur rôle de
valeur sûre et les Bunds allemands voient leurs rendements reculer.
    A l'heure de la clôture en Europe, Wall Street était orientée nettement à la
hausse, à la faveur notamment d'un vif rebond des cours du pétrole et d'un
indicateur bien accueilli sur la situation de l'emploi aux Etats-Unis.
      
    * Tableau des principaux marchés mondiaux : 

 (Patrick Vignal pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)