La BCE ne fait qu'appliquer ses règles sur la Grèce-Praet

jeudi 5 février 2015 08h18
 

PARIS, 5 février (Reuters) - La Banque centrale européenne (BCE) a des règles transparentes et se doit de les appliquer, a déclaré Peter Praet, membre du directoire de l'institution, pour justifier sa décision de lever l'égibilité des obligations d'Etat grecques à des opérations de refinancement des banques du pays.

Dans une interview publiée jeudi par Les Echos, il indique en outre que la BCE, dont il est aussi le chef économiste, n'est pas satisfaite de son rôle dans la "troïka" chargée de superviser la mise en oeuvre du programme d'aide financière à Athènes et que le nouveau gouvernement grec ne veut plus comme interlocuteur.

Invoquant le fait qu'il ne soit plus possible de compter sur un issue positive au réexamen du plan d'aide à la Grèce, au moment où Athènes réclame une renégociation, la BCE a mis fin à l'égibilité des titres d'Etat grecs à ses opérations de refinancement qu'elle avait acceptée en dépit du fait que leur note de crédit soit insuffisante.

"La position de la BCE est claire. Le traité nous interdit de prendre toute décision qui reviendrait à financer un Etat par la politique monétaire", a dit Peter Praet.

"Les conditions d'accès à la liquidité de la Banque centrale européenne sont claires : nous sommes transparents sur nos règles. Si ces conditions ne sont plus réunies, à la BCE d'en tirer les conséquences", ajoute-t-il.

L'économiste en chef de la BCE répète d'autre part que celle-ci pourrait aller si nécessaire au-delà de son plan de rachat d'actifs récemment annoncé pour lutter contre la faiblesse de l'inflation mais qu'il est "bien trop tôt" de parler de nouvelles mesures alors que "beaucoup de conditions sont réunies pour qu'il soit efficace".

A la question de savoir si l'institution de Francfort s'est lancée dans une guerre des changes avec ce programme qui a fait baisser l'euro, Peter Praet souligne une nouvelle fois que la BCE n'a aucun objectif en la matière même si le taux de change de l'euro "reflète mieux qu'auparavant la divergence économique qui existe entre les Etats-Unis et la zone euro". (Yann Le Guernigou, édité par Véronique Tison)