February 4, 2015 / 3:59 PM / 2 years ago

LEAD 2-France-Quatre offres "crédibles" pour la reprise de la SNCM

6 MINUTES DE LECTURE

* Quatre offres qualifiées de "sérieuses" et "crédibles"

* Elles prévoient toutes des pertes d'emplois

* Décision finale probablement fin mars (Actualisé avec réaction syndicale)

par Jean-François Rosnoblet

PARIS, 4 février (Reuters) - Quatre des sept offres de reprise de la SNCM présentées mercredi au comité d'entreprise apparaissent de nature à assurer la survie de la compagnie maritime en grande difficulté, qui a été placée en redressement judiciaire début novembre.

De source proche du dossier, on souligne que trois offres fermes et une lettre d'intention sont jugées "crédibles", les trois autres dépôts de candidature étant qualifiés de "fantaisistes" par la plupart des participants à la réunion.

La compagnie fait aussi état dans un communiqué de quatre candidats qui "retiennent toute l'attention".

"C'est une bonne nouvelle : les activités de la SNCM suscitent de l'intérêt et des offres sérieuses sont désormais dans les mains des administrateurs judiciaires pour conduire les discussions", a estimé la direction.

"Aucune offre ne propose de reprise partielle : elles concernent l'ensemble des activités au départ de Marseille vers la Corse et le Maghreb. Pour envisager l'équilibre économique, toutes actent la nécessaire réduction du périmètre."

Le syndicat CFE-CGC estime pour sa part qu'il n'y a "pas de miracle au niveau des offres" et se dit inquiet pour l'avenir des personnels devant "la certitude d'un plan social d'ampleur".

La première offre sérieuse émane de l'homme d'affaires Daniel Berrebi, qui a confirmé son intérêt de longue date pour la reprise des liaisons entre la Corse et le continent dans le cadre du contrat de délégation de service public (DSP), mais aussi pour la desserte du Maghreb avec deux bateaux.

Le patron de Baja Ferries, dont le siège social est à Miami (Etats-Unis), a déposé une offre qui prévoit la reprise "sous condition" de 800 des 1.450 contrats CDI de la compagnie.

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La deuxième offre crédible est portée par Christian Garin, ancien président du port de Marseille à la tête d'un pool de partenaires européens qui prévoit le maintien de 900 emplois.

Il évoque un investissement "global de l'ordre de 100 millions d'euros" dans un entretien accordé mercredi au site Le Marin, précisant s'appuyer sur un "financement obligataire souscrit notamment auprès d'investisseurs norvégiens".

Son dossier préconise la création de deux compagnies distinctes, l'une dans le cadre de la DSP qui prévoit des subventions pour assurer les liaisons avec la Corse en toutes saisons, l'autre hors délégation, notamment pour les lignes du Maghreb, ainsi que le renouvellement progressif de la flotte pour lequel est pressenti le chantier sud-coréen Daewoo.

"Le deuxième chantier mondial, Daewoo, nous apporte une lettre de financement et est même prêt à participer aux fonds propres si nécessaire car le secteur des navires à passagers est stratégique pour lui", dit Christian Garin.

Le transporteur corse Patrick Rocca, qui a transformé sa lettre d'intention en offre ferme, envisage pour sa part le maintien de 700 emplois dans un premier temps.

Une lettre d'intention a été déposée par une importante compagnie de ferries grecs, Attica group, avec la mise en place d'un plan social qui préserverait moins de 700 emplois.

Cette société assure des liaisons entre la Grèce et l'Italie via sa filiale Superfast Ferries, et dessert les îles de la mer Egée à travers sa compagnie Blue Star Ferries.

Les trois autres propositions émanent d'un chef d'entreprise suisse sans aucun lien avec le milieu maritime, Paul Moulia, d'un consultant en immobilier parisien et de Giglio Mazzoli, qui avait déjà déposé une lettre d'intention devant le tribunal de commerce de Pontoise pour la reprise de l'ex-numéro deux français du transport routier de colis, Mory Ducros.

"Des conditions suspensives existent dans chaque offre car il faudra obtenir l'accord de Bruxelles, des Corses et du tribunal de commerce. Les repreneurs seront reçus par le comité d'entreprise dans les prochains jours en fonction de l'intérêt des offres", a indiqué la direction de la SNCM.

Logique De négociation

Toutes les conditions suspensives des offres devront être levées avant leur présentation au tribunal, qui n'examinera que des "offres fermes" avant de se prononcer lors d'une ultime audience, probablement fin mars.

"On entre dans une logique de négociation et d'amélioration des offres mais aussi dans la discussion du volet social qui devrait, dans tous les cas, concerner près de la moitié des personnels pérennes de la compagnie", souligne une source proche du dossier.

La Société nationale Corse Méditerranée (SNCM), qui assure notamment les liaisons entre la Corse et le continent, emploie 2.000 personnes, dont 1.450 en CDI.

Les offres des candidats à la reprise restent conditionnées à la résolution des contentieux européens qui pèsent lourdement sur l'avenir de la compagnie maritime, dont l'actionnaire majoritaire est Trandev, coentreprise entre Veolia et la Caisse des dépôts.

Il s'agit de la transmission de délégation de service public (DSP) et des quelque 440 millions d'euros d'aides publiques que la Commission européenne juge illégales et dont elle réclame le remboursement. (Edité par Yves Clarisse)

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