CRH rachète les actifs de Lafarge et d'Holcim pour 6,5 mds euros

lundi 2 février 2015 02h07
 

(Actualisé avec confirmation par CRH, précisions, contexte)

DUBLIN, 2 février (Reuters) - Le groupe irlandais de matériaux de construction CRH a confirmé dimanche qu'il avait conclu le rachat pour 6,5 milliards d'euros des actifs que les cimentiers Lafarge et Holcim sont obligés de vendre dans le cadre de leur projet de fusion.

CRH, qui financera la transaction par de la trésorerie, de l'endettement et un placement de titres, a battu l'offre d'un consortium emmené par le groupe Blackstone, dont la participation à l'appel d'offres a été confirmé par plusieurs personnes proches du dossier.

CRH précise dans un communiqué qu'une note à l'attention des marchés donnant toutes les précisions sur l'acquisition sera diffusée aussitôt que possible.

Le consortium emmené par Blackstone, avec Cinven et le fonds de pension canadien CPP, avait offert 5,5 milliards d'euros, explique-t-on.

CRH, dans la mesure où il pourra intégrer ces actifs dans son activité, a été de ce fait à même de proposer un prix plus intéressant que les groupes d'investissements financiers qui n'ont pas cette possibilité, explique un familier du processus.

La Commission européenne a donné mi-décembre son feu vert sous condition à la fusion entre Lafarge et Holcim en précisant que sa décision était subordonnée à la cession des activités de Lafarge en Allemagne, en Roumanie et au Royaume-Uni, et des activités de Holcim en France, en Hongrie, en Slovaquie, en Espagne et en République tchèque.

Au total, Lafarge et Holcim ont reçu plus de 60 offres indicatives, à la fois d'entreprises du secteur et de groupes de capital-investissement, qui portaient sur tous les actifs à céder ou sur certains simplement.

Dévoilé en avril dernier, le projet de mariage entre le suisse Holcim et le français Lafarge, pour donner naissance au nouveau numéro un mondial du ciment, visait à réduire les coûts et résoudre la question des surcapacités face à une demande atone.

CRH, dont le siège est à Dublin, s'est lui aussi engagé l'an dernier dans un plan de cessions d'actifs. Le groupe dirigé par Albert Maniford prévoit de vendre pour 1,5 à 2 milliards d'euros d'actifs, en valeur nette.

Le groupe, qui est le principal producteur d'asphalte pour les autoroutes aux Etats-Unis, avait dit l'an dernier qu'il était à même de dépenser 1,5 milliard d'euros pour des opérations, compte tenu des disponibilités inscrites à son bilan. (Padraic Halpin; Danielle Rouquié pour le service français)