LEAD 1-Athènes annule un projet de mine d'or et la vente de DEPA

vendredi 30 janvier 2015 17h02
 

ATHENES, 30 janvier (Reuters) - Le nouveau gouvernement grec va annuler le projet de privatisation de la compagnie de gaz publique DEPA et s'oppose à l'exploitation d'un gisement d'or par un groupe canadien, l'un des plus gros projets d'investissement étranger dans le pays, a déclaré vendredi à Reuters le ministre de l'Energie Panagiotis Lafazanis.

L'attribution au groupe canadien Eldorado Gold de la concession de la mine d'or de Skouries, dans le nord du pays, était présenté par le précédent gouvernement comme un projet phare en matière de relance des investissements étrangers, en dépit de l'opposition qu'elle avait suscitée dans la région.

"Nous sommes absolument contre et nous allons étudier nos prochaines décisions à ce sujet", a dit Panagiotis Lafazanis, un ex-communiste, interrogé à son ministère. Il s'est refusé à préciser si le gouvernement tenterait d'empêcher toute avancée du projet.

L'action Eldorado Gold perdait près de 19% à la Bourse de Toronto vers 15h50 GMT après ces déclarations. Le groupe, qui détient 95% du capital de la mine de Skouries, n'était pas disponible dans l'immédiat pour un commentaire.

La semaine dernière, avant le scrutin grec, il avait dit prévoit d'investir environ 200 millions de dollars cette année à Skouries, où les travaux sont censés être achevés fin 2016.

Panagiotis Lafazanis a parallèlement déclaré que le projet de cession de 65% du capital de DEPA à des investisseurs privés ne serait pas mené à son terme.

"En aucune manière nous ne privatiserons la compagnie de gaz DEPA pour la vendre à qui que ce soit, quelles que soient les parties intéressées", a-t-il dit à Reuters.

Il s'est montré plus modéré sur le projet de cession pour 400 millions d'euros de DESFA, l'exploitant du réseau gazier grec, au groupe public azerbaïdjanais SOCAR, une opération conclue en 2013.

Il a expliqué que le gouvernement ne se prononcerait sur ce dossier qu'une fois connue la décision de la Commission européenne, qui a ouvert une enquête sur l'impact de la cession sur la concurrence et doit rendre ses conclusions dans le courant de l'année.

"Nous attendrons la décision du commissaire à la Concurrence de l'UE et nous déciderons ensuite", a-t-il déclaré. (Angeliki Koutantou et Deepa Babington, Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)