La privatisation de DEPA n'aura pas lieu, dit un ministre grec

vendredi 30 janvier 2015 14h55
 

ATHENES, 30 janvier (Reuters) - Le nouveau gouvernement grec va annuler le projet de privatisation de la compagnie de gaz publique DEPA et s'oppose à l'exploitation d'un gisement d'or par un groupe canadien, l'un des plus gros projets d'investissement étranger dans le pays, a déclaré vendredi à Reuters le ministre de l'Energie Panagiotis Lafazanis.

L'attribution au groupe canadien Eldorado Gold de la concession de la mine d'or de Skouries, dans le nord du pays, était présenté par le précédent gouvernement comme un projet phare en matière de relance des investissements étrangers, en dépit de l'opposition qu'elle avait suscitée dans la région.

"Nous sommes absolument contre et nous allons étudier nos prochaines décisions à ce sujet", a dit Panagiotis Lafazanis, un ex-communiste, interrogé à son ministère. Il s'est refusé à préciser si le gouvernement tenterait d'empêcher toute avancée du projet.

Il a été plus catégorique au sujet de DEPA, affirmant que la vente annoncée de 65% du capital à des investisseurs privés n'aurait pas lieu. "En aucune manière nous ne privatiserons la compagnie de gaz DEPA pour la vendre à qui que ce soit, quelles que soient les parties intéressées", a-t-il dit à Reuters.

Il s'est montré plus modéré sur le projet de cession pour 400 millions d'euros de DESFA, l'exploitant du réseau gazier grec, au groupe public azerbaïdjanais SOCAR, une opération conclue en 2013.

Il a expliqué que le gouvernement ne se prononcerait sur ce dossier qu'une fois connue la décision de la Commission européenne, qui a ouvert une enquête sur l'impact de la cession sur la concurrence et doit rendre ses conclusions dans le courant de l'année.

"Nous attendrons la décision du commissaire à la Concurrence de l'UE et nous déciderons ensuite", a-t-il déclaré. (Angeliki Koutantou et Deepa Babington, Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)