L'allemand ThyssenKrupp confiant dans ses objectifs

vendredi 30 janvier 2015 11h50
 

BOCHUM, Allemagne, 30 janvier (Reuters) - Le conglomérat allemand ThyssenKrupp a confiance en sa capacité à atteindre ses objectifs de résultats cette année, les efforts de réduction des coûts ayant continué à porter leurs fruits lors du trimestre écoulé, a déclaré vendredi le président de son directoire.

Premier sidérurgiste allemand, ThyssenKrupp a entrepris un redressement depuis l'arrivée de Heinrich Hiesinger aux commandes du groupe. Il a renoué en 2014 avec un bénéfice net après plusieurs années durant lesquelles les pertes de ses activités dans la sidérurgie éclipsaient les profits engrangés dans ses activités rentables, comme les ascenseurs.

"Nous avons clairement dit que le redressement n'était pas encore terminé mais nous réalisons de bons progrès et nous regardons l'exercice fiscal 2014-2015 avec confiance", a dit Heinrich Hiesinger, selon la version écrite d'un discours devant l'assemblée générale des actionnaires.

"Nous nous concentrons sur les choses que nous pouvons influencer et sommes convaincus que les mesures d'efficacité (...) continueront à avoir un effet important. Notre performance lors du premier trimestre 2014-2015 qui vient de s'achever renforce ce point de vue."

Ulrich Lehner, le président du conseil de surveillance, a jugé mercredi que résultat opérationnel de ThyssenKrupp n'était pas encore satisfaisant en dépit des progrès accomplis.

Sur l'exercice 2013-2014 clos fin septembre, le bénéfice d'exploitation du groupe a doublé à 1,33 milliard d'euros. Pour l'exercice en cours, le groupe a dit anticiper un résultat opérationnel de 1,5 milliard d'euros, ainsi qu'une reprise du versement du dividende.

Selon Heinrich Hiesinger, les activités de sidérurgie en Europe sont bien parties pour dépasser leur objectif d'économies de 500 millions d'euros.

La sidérurgie, dans laquelle le groupe puise ses racines, représente encore environ un quart du chiffre d'affaires de ThyssenKrupp mais seulement un dixième de son bénéfice d'exploitation, en raison notamment de la faiblesse persistante de la demande en Europe.

L'influence décroissante de la fondation Krupp, qui n'a pas participé à l'augmentation de capital réalisée l'an dernier mais demeure le principal actionnaire du groupe avec une participation de 23%, renforce aux yeux des investisseurs la perspective d'un abandon à terme des activités sidérurgiques.

Un autre facteur alimente le scénario d'une transformation en profondeur du conglomérat: l'élection vendredi au conseil de surveillance de Jens Tischendorf, représentant du fonds activiste Cevian, qui détient 15% du capital.

Le quotidien Süddeutsche Zeitung a rapporté jeudi que ThyssenKrupp avait engagé des négociations pour vendre VDM, une filiale spécialisée dans l'acier inoxydable. Heinrich Hiesinger a toutefois déclaré vendredi qu'une restructuration plus ample était nécessaire pour accroître la valeur de VDM et d'une autre filiale européenne, AST. (Georgina Prodhan; Bertrand Boucey pour le service français, édité par Marc Angrand)