RPT-Grèce-La France prête à une renégociation sous conditions-Sapin

jeudi 29 janvier 2015 15h13
 

(Répétition pour préciser que l'interview avait été publiée mardi dans Libération et suppression des éléments de contexte postérieurs)

PARIS, 29 janvier (Reuters) - La France est prête à une renégociation de la dette grecque sous conditions de sérieux budgétaire et de réformes structurelles, a déclaré le ministre français des Finances, Michel Sapin, tout en excluant toute annulation des créances d'Athènes.

"L'annulation est une aberration, la renégociation est sur la table", dit-il dans un entretien publié jeudi sur le blog de Libération "Coulisses de Bruxelles". L'interview avait été publiée mardi dans Libération.

"Il y a toute une série de modalités techniques possibles à discuter. Mais, attention, nous le ferons en tenant compte des engagements de réformes que prendra la Grèce", poursuit-il.

"Le plus douloureux, le rééquilibrage budgétaire, est déjà accompli mais le plus facile à faire sur le papier, la réforme de l'Etat grec, les réformes structurelles, restent encore largement en jachère", poursuit-il, en référence au fait que le pays dégage un excédent budgétaire primaire, c'est-à-dire hors coût de la dette.

"Il est hors de question d'accepter que le budget grec soit à nouveau déséquilibré et reparte dans une spirale de déficit", ajoute Michel Sapin, sous forme de mise en garde quant à l'application du programme de relance promis par le parti Syriza avant sa victoire aux législatives de dimanche.

"De toute façon, pour financer une telle politique, il faudrait que le gouvernement se finance sur les marchés ou auprès des bailleurs de fonds, et je pense que personne ne serait prêt à lui prêter de l'argent sans condition", dit-il.

Au registre des réformes structurelles, Michel Sapin estime que la Grèce se doit de "bâtir un Etat moderne, efficace, une administration fiscale indépendante et capable de faire rentrer l'impôt". (Jean-Baptiste Vey, édité par Yves Clarisse)