France-L'UMP réclame une conférence nationale sur la croissance

mercredi 28 janvier 2015 15h10
 

PARIS, 28 janvier (Reuters) - L'UMP a réclamé mercredi l'organisation d'une conférence nationale sur la croissance, reprochant à l'exécutif de ne pas profiter d'un environnement favorable pour mettre en oeuvre des réformes structurelles favorables à l'activité.

"Alors que les conditions économiques sont extraordinairement favorables, qu'il y a une conjonction astrale comme on n'en connaît guère, la France est en train de passer complètement à côté, faute de réformes de structures", a déclaré le président de la commission des Finances de l'Assemblée.

Gilles Carrez a opposé d'un côté la chute des cours du pétrole, la politique monétaire ultra-accommodante de la Banque centrale européenne ou encore la baisse de l'euro, de l'autre la faiblesse de la croissance française, la "dérive" des comptes publics et "l'explosion" du chômage depuis mai 2012.

"Il a fallu attendre hier pour que la réalité économique se rappelle cruellement dans l'actualité avec des chiffres du chômage qui sont absolument désastreux", a-t-il dit lors d'un point de presse.

La raison en est notamment, selon lui, le fait "qu'aucun des leviers de croissance n'est activé" et que "la priorité du gouvernement reste la distribution et l'assistance".

Gilles Carrez, qui s'exprimait de concert avec l'ancien ministre UMP du Budget Eric Woerth, a appelé François Hollande à organiser "très rapidement" une conférence nationale sur la croissance pour "lancer les grandes réformes dont notre pays a besoin".

Eric Woerth a comparé le gouvernement actuel à celui du socialiste Lionel Jospin (1997-2002) qui, a-t-il dit, "avait gâché la croissance française de la fin des années 90 en ne réformant pas et en ne réduisant pas la dépense publique tout en chargeant la barque de la compétitivité".

Les deux orateurs ont défendu la nécessité de mettre en oeuvre une baisse des charges des entreprises, une réforme de la fiscalité et du Code du travail, notamment sur les 35 heures, un doublement des seuils sociaux ou encore une diminution de la dépense publique et des transferts sociaux.

Pour les deux responsables UMP, le projet de loi sur la croissance et l'activité porté par le ministre de l'Economie Emmanuel Macron ne saurait suffire.

"On prête à cette loi des vertus qu'elle n'a pas", a dit Gilles Carrez. "C'est une sorte d'alibi, de paravent pour ne rien faire", a-t-il affirmé tout en ajoutant qu'il était prêt à voter plusieurs de ses dispositions. (Emile Picy, édité par Yann Le Guernigou)