28 janvier 2015 / 09:44 / il y a 3 ans

LEAD 3-Tsipras promet des changements radicaux, la Bourse chute

(Actualisé tout du long)

par Lefteris Papadimas et Renee Maltezou

ATHENES, 28 janvier (Reuters) - Alexis Tsipras a défié mercredi les créanciers internationaux de la Grèce en annonçant un gel du programme de privatisations accepté par son prédécesseur conservateur comme contrepartie du plan de renflouement, déclenchant une troisième journée de lourdes pertes à la Bourse d‘Athènes.

Les premières mesures annoncées par le nouveau Premier ministre et chef de file de la gauche radicale trois jours après sa victoire éclatante aux législatives ont fait plonger la Bourse d‘Athènes (-9,2%) et les actions des banques grecques (-22%).

Lors du premier conseil des ministres de son gouvernement dévoilé la veille, Alexis Tsipras a déclaré à ses ministres qu‘ils ne pouvaient pas se permettre de décevoir les électeurs qui ont voté dimanche à 36,3% pour Syriza.

Après avoir annoncé mardi l‘arrêt du projet de privatisation du port du Pirée, pour lequel le géant chinois Cosco et quatre autres groupes avaient été présélectionnés, le gouvernement a annoncé qu‘il bloquait la vente d‘une part de la principale compagnie d‘électricité PPC, détenue à 51% par l‘Etat.

Le nouveau gouvernement, formé de Syriza et du parti de la droite souverainiste des Grecs indépendants (Anel), prévoit également de réintégrer les fonctionnaires licenciés abusivement et d‘augmenter les pensions des retraités à bas revenus.

Sur le plan de la politique extérieure, le ministre de l‘Energie Panagiotis Lafazanis a déclaré qu‘Athènes était contre des sanctions imposées à la Russie, à la veille d‘un conseil européen extraordinaire des Affaires étrangères sur la crise ukrainienne.

Alexis Tsipras a rencontré lundi à Athènes l‘ambassadeur de Russie et mardi l‘ambassadeur de Chine. Il devrait rencontrer François Hollande avant le 12 février, date du prochain sommet européen.

“PAS D‘AFFRONTEMENT DESTRUCTEUR”

Le Premier ministre grec a déclaré qu‘il ne chercherait pas d’“affrontement destructeur” avec ses partenaires européens sur la renégociation de la dette d‘Athènes, qui représente plus de 175% du produit intérieur brut du pays.

“Nous sommes un gouvernement de salut national, notre but est de négocier un allègement de la dette”, a-t-il dit.

“Nous n‘entrerons pas dans un affrontement mutuellement destructeur mais nous ne poursuivrons pas une politique de soumission”, a poursuivi Tsipras, ajoutant qu‘il s‘attendait à des “discussions productives” vendredi avec le président de l‘Eurogroupe, le Néerlandais Jeroen Dijsselbloem.

Son ministre des Finances Yanis Varoufakis a annoncé qu‘il rencontrerait ses homologues français et italien dans les jours à venir. Il espère parvenir à un “nouveau pacte” tout en évitant de sombrer dans un “duel” entre l‘Europe et la Grèce.

Michel Sapin, le ministre français des Finances, a fait savoir qu‘il rencontrerait Varoufakis lundi à Paris.

“Je pense que nous sommes bien placés pour faciliter ce dialogue et à partir de là la recherche des accords qui sont nécessaires entre la Grèce et l‘ensemble des membres de l‘UE”, a dit le ministre français.

“Personne ne parle d‘annulation ou d‘effacement”, a précisé Michel Sapin, qui a longuement parlé avec son homologue grec au téléphone. “Les responsables grecs l‘ont dit clairement, il ne s‘agit pas pour eux de transférer la dette d‘un contribuable à l‘autre.”

“LES NEGOCIATIONS NE SERONT PAS FACILES”

S‘exprimant pour la première fois depuis sa nomination, Yanis Varoufakis a plaidé pour “un nouveau pacte, un pont entre les précédents programmes et l‘accord définitif entre la Grèce, l‘UE, la BCE et le FMI”, les créanciers d‘Athènes.

“Il n‘y aura pas de duel entre la Grèce et l‘Europe”, a-t-il dit. “Une nouvelle relation de confiance et d‘honnêteté est en train de naître entre notre pays et l‘Europe. Les négociations ne seront pas faciles, elles ne le sont jamais”, a ajouté le ministre des Finances.

Paris, tout comme Berlin, se refusent à l‘idée de tirer un trait sur leurs créances.

“Il y a des choses à discuter avec le gouvernement grec pour leur permettre d‘avoir une dette plus soutenable, plus facile à rembourser”, a cependant dit Michel Sapin sur RTL.

En Allemagne, le ministre de l‘Economie Sigmar Gabriel a de la même façon exclu toute réduction de la dette. “Nous devons être justes avec notre propre population et celle des autres Etats de la zone euro”, a-t-il commenté.

Concernant sa politique budgétaire, Alexis Tsipras a indiqué que son gouvernement travaillerait à des budgets à l‘équilibre sans chercher pour autant à dégager des “excédents irréalistes” pour assurer le service de la dette.

La lutte contre la chômage, qui touche 25% de la population active, sera la priorité de son action, a-t-il poursuivi, et il a promis de mettre un terme au clientélisme et de lutter contre la corruption. (George Georgiopoulos et James Mackenzie, avec les rédactions de Paris et Berlin; Henri-Pierre André et Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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