** LE POINT SUR LES MARCHÉS à l'ouverture des Bourses en Europe **

lundi 26 janvier 2015 09h47
 

PARIS/LONDRES, 26 janvier (Reuters) - Les Bourses européennes ont ouvert en
baisse lundi, surtout en périphérie de la zone euro, effaçant une partie de
leurs gains de la semaine dernière dans la crainte que le résultat des élections
grecques ne débouche sur un conflit avec les bailleurs de fonds du pays et sur
un regain d'instabilité en Europe.
    Le leader de la gauche radicale Alexis Tsipras a promis dimanche soir de
mettre fin à cinq années d'austérité, "d'humiliation et de souffrance" imposées
par les créanciers internationaux de la Grèce, alors que son parti Syriza est le
grand vainqueur des élections législatives anticipées.  
    C'est la première fois au sein de l'Union européenne qu'un dirigeant
ouvertement hostile aux politiques d'austérité voulues par l'UE et le Fonds
monétaire international (FMI) prend les rênes du pouvoir dans un pays membre. 
    "Les propos de Tsipras hier soir ne laissent aucun doute dans la mesure où
il a affirmé que la troïka et les plan de sauvetage appartenaient au passé",
souligne Michael Hewson, analyste en chef des marchés chez CMC Markets.
    "On peut être quasiment sûr que ces négociations seront étroitement
surveillées par les mouvements anti-austérité en Espagne, au Portugal, en Italie
et en France qui voudront voir ce que la Grèce peut obtenir des dirigeants de
l'Union européenne sur la dette et sur les conditions du plan de sauvetage."  
    L'euro, affaibli par le vaste plan de rachats d'actifs annoncé par la Banque
centrale européenne (BCE) la semaine dernière, a touché un nouveau plus bas de
11 ans à 1,1098 dollar, avant de remonter à 1,1233 dollar au début de la séance
boursière, certains investisseurs ayant choisi de prendre leurs profits. 
    À Paris, l'indice CAC 40 perd 0,45% à 4.619,98 points vers 08h30 GMT
après avoir pris près de 6% la semaine dernière. À Francfort, le Dax 
cède 0,13% et à Londres le FTSE abandonne 0,59%. L'indice EuroStoxx 50
de la zone euro se replie de 0,44% et le FTSEurofirst 300 
de 0,36%. 
    La Bourse de Lisbonne perd 1,32%, celle de Milan 1,22% et
Athènes chute de 4,61%. 
    Les secteurs des ressources de base (-2%), de l'énergie 
(-1,3%) et des bancaires (-1,2%) accusent les plus fortes baisses,
tandis que la distribution est quasiment stable grâce au belge Delhaize.
    Benoît Coeuré, membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE),
a cherché à apaiser les inquiétudes en déclarant que L'Europe était dans une
démarche de dialogue avec la Grèce, qui doit rembourser ses dettes, tout en
ajoutant qu'un rééchelonnement de celles-ci n'était pas exclu.  
 
    De son côté, le commissaire européen à l'économie numérique Günther
Oettinger, l'un des représentants allemands à la Commission de Bruxelles, a jugé
qu'une restructuration de la dette grecque serait un mauvais signal adressé aux
autres Etats de la zone euro.    
    Aux valeurs, le groupe belge de grande distribution Delhaize 
s'adjuge 4,9% après avoir fait état d'une croissance du chiffre d'affaires
supérieure aux attentes aux Etats-Unis au quatrième trimestre et d'une baisse
des ventes moins forte qu'attendu en Belgique. 
    Sika avance de 4,8% alors que son conseil d'administration s'est
prononcé lundi pour une limitation des droits de vote de la famille
Burkard-Schenker, l'actionnaire de contrôle de groupe chimique suisse.
 
    Aer Lingus gagne 3% après avoir confirmé examiner une nouvelle
offre d'achat d'International Consolidated Airlines Group (IAG) 
(-1,5%), qui propose désormais 2,55 euros par action, soit 1,3 milliard d'euros
au total, pour reprendre la compagnie aérienne irlandaise.      
    Au CAC 40, ArcelorMittal perd 1,95% et Aperam 5,1% à la
suite de l'annonce que la production d'acier de la principale région chinoise en
la matière a baissé de 0,6% l'an dernier, ce qui a contraint plusieurs
hauts-fourneaux à réduire leur production. 
    Sur le marché obligataire, les rendements des dettes grecque et italienne
remontent nettement après la victoire plus large que prévu de Syriza, tandis que
le rendement du Bund allemand est tombé à un plus bas record de 0,302%. Le Bund
profite de son statut de refuge dans un contexte d'incertitude.
    Le consensus sur les marchés reste toutefois que les tensions accrues sur la
Grèce ne devraient pas affecter la tendance au-delà du choc initial. 
    Contrairement à la situation au plus fort de la crise de la dette en zone
euro de 2011 et 2012, les banques européennes ont une exposition limitée à la
Grèce et les autorités européennes ont mis en place des mécanismes pour éviter
un effet de contagion en cas de crise dans un des pays de la zone euro.
    "Pour le moment, l'éventualité que la Grèce sorte de la zone euro, même avec
le nouveau gouvernement, est faible", estime Sébastien Galy, analyste sur le
marché des changes chez Société Générale à New York.
    Le plan de la BCE d'injection d'au moins 1.140 milliards d'euros dans le
système bancaire européen continue en outre de soutenir la tendance de fond.
    Le pétrole a repris sa baisse après un bref rebond en raison de
l'incertitude liée au décès du roi Abdallah d'Arabie saoudite et l'accession au
trône de son frère Salman. Le baril de Brent perd 1,6% à 48 dollars.
    Après la BCE, les investisseurs seront suspendus cette semaine aux annonces
de la Réserve fédérale américaine à l'issue de sa réunion de politique
monétaire. Ils s'attendent à ce qu'elle déclare mercredi, à l'issue de deux
jours de réunion, que les risques économiques mondiaux ne remettent en cause ni
la reprise outre-Atlantique ni ses propres projets monétaires. 
    
    * Tableau des principaux marchés mondiaux : 

 (Avec Blaise Robinson, Juliette Rouillon pour le service français, édité par
Véronique Tison)