La Russie commence à connaître des vagues de licenciements-Koudrine

samedi 24 janvier 2015 14h51
 

DAVOS, Suisse, 24 janvier (Reuters) - La Russie commence à connaître des vagues de licenciements, du fait de l'aggravation de sa situation économique, et elle doit repenser comment et dans quels cas elle peut puiser dans ses fonds de réserves, a déclaré samedi l'ex-ministre russe des Finances Alexeï Koudrine.

Celui-ci a quitté le gouvernement russe en 2011 en signe de protestation contre la forte augmentation des dépenses militaires, mais il passe pour conserver l'estime et l'oreille du président Vladimir Poutine.

Le rouble a perdu la moitié de sa valeur face au dollar depuis le début 2014 du fait du plongeon des cours du pétrole et des sanctions appliquées par l'Occident en raison du rôle joué par la Russie dans le conflit ukrainien, et Moscou a de ce fait beaucoup de mal à emprunter sur les marchés des capitaux occidentaux.

"Je prévoyais des temps difficiles, mais je ne m'attendais pas à ce qu'ils le soient autant", a dit Alexeï Koudrine à Reuters en Suisse, en marge du Forum économique mondial de Davos.

"Les prix à la consommation ont augmenté fortement. Les vagues de licenciements ont commencé. Le secteur du BTP, à Moscou, a mis à la porte 100.000 personnes. Nous constatons aussi des signes de crise dans l'industrie automobile. On va assister de même à un sérieux ralentissement pour ce qui est de la modernisation et de la diffusion des technologies occidentales", a ajouté l'ancien ministre.

L'économie russe, a-t-il dit, va connaître une récession de plus de 4% cette année si les cours du pétrole demeurent aussi bas.

A l'époque où Alexeï Koudrine était ministre, la Russie avait accumulé plus de 500 milliards de dollars de réserves, dont 160 milliards affectés à deux fonds de réserves susceptibles d'être utilisés dans les périodes difficiles pour protéger le rouble et l'économie nationale.

Cette semaine, la banque centrale de Russie a fait savoir que ses réserves d'or et de devises étrangères étaient tombées en dessous des 380 milliards de dollars, la banque continuant d'intervenir pour défendre le rouble et les autorités renflouant certaines banques et entreprises.

Les dépenses sociales représentant un tiers du budget global de l'Etat et les dépenses militaires 35%, la Russie risque d'épuiser ses deux fonds de réserves dans les 18 mois si les cours du pétrole restent au niveau actuel d'environ 50 dollars le baril. (Dmitry Jdannikov; Eric Faye pour le service français)