Les chefs d'entreprise européens partagés sur le QE de la BCE

jeudi 22 janvier 2015 20h55
 

par Tim Hepher et Georgina Prodhan

DUBLIN/FRANCFORT/PARIS, 22 janvier (Reuters) - Le monde des affaires est partagé sur le programme de rachat de dette annoncé jeudi par la Banque centrale européenne, certains dirigeants saluant un coup de pouce à la croissance quand d'autres, notamment en Allemagne, craignent qu'il ne retarde des réformes économiques impopulaires.

Malgré des réserves de la Bundesbank et de Berlin, la BCE a dévoilé jeudi son plan d'assouplissement quantitatif (quantitative easing ou QE) attendu avec impatience par les marchés financiers et qui comprendra l'achat d'obligations souveraines, avec l'intention de relancer l'inflation et le crédit pour soutenir l'activité.

En réaction, l'euro a touché de nouveaux plus bas tout comme les rendements obligataires de plusieurs pays de la zone euro, et les marchés boursiers ont fini en nette hausse.

"C'est un pas dans la bonne direction et on va voir ce que cela donne", a déclaré à Reuters Joe Jimenez, le patron du groupe pharmaceutique suisse Novartis. "C'est un pas de plus qui pourrait aider l'Europe à sortir de la stagnation, comme cela a été le cas aux Etats-Unis. Ca a marché aux Etats-Unis et je crois que ça peut marcher ici aussi."

Invité au Forum économique mondial de Davos, le PDG de Renault-Nissan Carlos Ghosn a relevé sa prévision de croissance du marché automobile européen cette année, prévoyant désormais une hausse de 2% ou plus alors que lundi encore le groupe anticipait une croissance de 1 à 2%.

Rémy Cointreau, qui publiait jeudi son chiffre d'affaires trimestriel, a également salué une décision positive en notant son impact sur la parité euro/dollar.

"Toute mesure pouvant contribuer à raviver l'inflation (...) est positive pour Rémy Cointreau", a dit une porte-parole du groupe français de spiritueux. "L'appréciation du dollar face à l'euro est aussi un bon levier pour la rentabilité du groupe car plus de 60% de nos ventes sont en dollars US ou en devises liées au dollar, alors que la plupart des coûts de production sont en euros."

Rupert Stadler, le président d'Audi (groupe Volkswagen ), s'est félicité de la baisse de l'euro qui rendra les investissements aux Etats-Unis moins chers et les voitures allemandes plus compétitives.   Suite...