LEAD 2-Wall Street finit en forte hausse après le QE de la BCE

jeudi 22 janvier 2015 23h04
 

(Complété avec performances sur l'année, volumes, autres
marchés)
    * Le Dow gagne 1,48%, le S&P-500 1,53%, le Nasdaq Composite
1,78%
    * Le S&P et le Nasdaq repassent en positif depuis le 1er
janvier
    * Les financières mènent la hausse après le QE de la BCE
    * AmEx et Verizon sanctionnés après leurs résultats

    par Ryan Vlastelica
    NEW YORK, 22 janvier (Reuters) - Wall Street a fini en forte
hausse jeudi, dans des échanges volatils, saluant l'annonce d'un
programme d'assouplissement quantitatif (QE) de la Banque
centrale européenne pour stimuler l'activité économique sur le
Vieux Continent.
    L'indice Dow Jones des 30 grandes valeurs a gagné
259,70 points, soit 1,48%, à 17.813,98 et le Standard &
Poor's-500, plus large, a pris 31,03 points ou 1,53% à
2.063,15. 
    Le Nasdaq Composite, à forte pondération
technologique, a grimpé de son côté de 82,98 points (1,78%) à
4.750,40 et, comme le S&P-500, repasse en territoire positif
depuis le début de l'année. 
    Plombés par les résultats décevants de quelques poids lourds
de la cote et des interrogations sur le QE de la BCE, les
principaux indices avaient ouvert en baisse avant de s'orienter
résolument à la hausse dans le sillage des Bourses de la zone
euro qui ont toutes gagné plus de 1%, l'indice paneuropéen
FTSEurofirst 300 s'adjugeant 1,6% à un plus haut de
sept ans.
    La BCE va racheter chaque mois pour 60 milliards d'euros
d'actifs, un montant plus important qu'attendu, dans le cadre
d'un programme qui durera jusqu'en septembre 2016 et qui pourra
être prolongé si l'inflation ne remonte pas. 
    L'annonce du plan a fait chuter l'euro à 1,1363 dollar, un
plus bas depuis septembre 2003
    "C'est vraiment le bazooka qu'on espérait depuis des
années", commente David Lebovitz, stratège mondial pour JP
Morgan Asset Management.
    Le QE de la BCE profitera à "tous les secteurs susceptibles
de profiter d'une économie européenne en meilleure santé",
banques et autres valeurs cycliques en tête, ajoute-t-il.
    Comme en Europe, les financières ont mené la hausse à
l'instar de Bank of America et de Wells Fargo 
qui ont pris respectivement 4,4% et 3,2%. L'indice S&P des
financières s'est adjugé 2,45%, la meilleure performance
des principaux indices sectoriels de S&P.
    American Express n'a pas profité du mouvement et a
au contraire accusé la plus forte baisse du Dow Jones avec un
recul de 3,8%. Le numéro un mondial des cartes de crédit a
annoncé mercredi soir une restructuration qui entraînera plus de
4.000 suppressions d'emplois en un an. 
    L'opérateur télécoms Verizon Communications a de même
reculé de 0,9% après l'annonce d'une perte nette au quatrième
trimestre et d'une baisse de ses marges dans la téléphonie
mobile. Dans son sillage, AT&T a cédé 0,6%
et l'indice des télécoms a perdu 0,55%.
    
    RUMEURS D'OPA SUR AVON PRODUCTS
    Aux technologiques, l'équipementier des réseaux F5 Networks
 a été sanctionné d'un recul de 10% après l'annonce de
résultats inférieurs aux attentes, pour la première fois en huit
trimestres, et de prévisions également en-dessous des
estimations des analystes. De même, le fabricant de
semi-conducteurs Fairchild Semiconductor International a
perdu 3,2% en réaction à une baisse surprise de son chiffre
d'affaires au quatrième trimestre.
    Sur les 11% d'entreprises du S&P-500 qui ont publié leurs
comptes trimestriels à ce stade, 79% ont publié un résultat
meilleur qu'attendu et 55,5% ont battu le consensus pour leur
chiffre d'affaires, à comparer à des moyennes de long terme de
respectivement 63% et 61%, selon les données de Thomson Reuters
data. 
    "Jusqu'ici les résultats sont satisfaisants, pas décevants
mais pas impressionnants non plus", commente Rex Macey, gérant
chez Wilmington Trust Investment Advisors à Atlanta. 
    Sur le front des fusions et acquisitions, la banque
californienne City National a bondi de 18,9% à 88,68
dollars après l'annonce de son rachat pour 5,4 milliards de
dollars par la Banque royale du Canada (RBC) , qui
entend ainsi se renforcer aux Etats-Unis. 
    Le groupe de cosmétiques Avon Products a gagné 14,4%
à 8,65 dollars dans de gros volumes sur des rumeurs de rachat
par la firme de capital-investissement TPG Capital.
    Blackberry  a rebondi de 5,8% sur de
nouvelles informations de presse faisant état d'un intérêt de
Samsung Electronics pour le fabricant canadien de
smartphones en dépit des démentis des deux groupes la semaine
dernière.
    Egalement en vue sur le Nasdaq, eBay s'est adjugé
7,1% après avoir fourni mercredi des informations sur la
scission de sa filiale de paiements Paypal et annoncé des
suppressions d'emplois. Amazon.com n'a
pas été en reste et a pris 4,4%.
    Starbucks, en hausse de 1,8%, gagnait encore 3,2%
dans les transactions électroniques après la publications de ses
trimestriels à la clôture.
    Avec 7,7 millions de titres échangés, le volume a été
supérieur à sa moyenne des jours précédents.
    Depuis le début de l'année, le S&P affiche désormais un gain
de 0,21% et le Nasdaq de 0,30%, alors que le Dow reste à -0,05%.
    L'annonce du QE de la BCE a fait chuter l'euro à 1,1363
dollar, un plus bas depuis septembre 2003, tandis que les
rendements des emprunts américains ont reculé jusqu'à 1,81% pour
le 10 ans. L'or de son côté a rebondi à un plus haut
depuis le 15 août de 1.306,20 dollars.

 (Avec Lucas Iberico Lozada, Véronique Tison pour le service
français)