Zagreb songe à convertir les prêts immobiliers en kuna

mercredi 21 janvier 2015 16h07
 

par Marcin Goclowski et Igor Ilic

VARSOVIE/ZAGREB, 21 janvier (Reuters) - La Croatie a fait savoir mercredi qu'elle pourrait convertir des crédits immobiliers libellés en franc suisse dans la monnaie nationale, la kuna, la flambée de la devise helvétique étranglant des centaines de milliers de propriétaires dans le pays, comme ailleurs en Europe centrale et orientale.

En Pologne, le pays le plus affecté par la décision inattendue de la Banque nationale suisse (BNS) de décrocher le franc suisse de l'euro, certaines banques laissent entendre qu'elles réduiront les taux d'intérêt de ces crédits, contractés par 550.000 citoyens.

Une solution à plus long terme risque toutefois de devoir attendre la fin de la réunion de la Banque centrale européenne (BCE) jeudi, au terme de laquelle elle pourrait bien annoncer un programme de rachat de dette souveraine, susceptible de propulser le franc suisse encore plus haut.

"Tous les regards sont sur la BCE. Si le franc suisse monte encore, il faudra reprendre à zéro le débat sur les moyens d'aider ceux qui ont emprunté en devises", dit Kamil Stolarski, analyste d'Espirito Santo.

Les gouvernements polonais et croate sont soucieux de parer à toute menace pour leur système bancaire qui émanerait d'une multiplication des défauts de paiement. Les élections qui doivent avoir lieu dans ces deux pays cette année ne peuvent que les y encourager.

Les futurs propriétaires ont contracté des emprunts libellés en franc suisse au début des années 2000, attirés par des taux d'intérêt à un chiffre, bien moins élevés que ceux pratiqués en monnaie locale.

La facture s'était déjà alourdie pour eux lorsque le franc suisse avait monté avec le déclenchement de la crise financière mondiale en 2008. Mais elle s'est envolée depuis la semaine dernière, lorsque le franc a bondi de 20% contre le zloty .

L'encours des emprunts immobiliers en franc de la Pologne et de la Croatie représentait respectivement 36 milliards de dollars et 3,5 milliards avant l'abandon du plancher du franc, soit de 7% à 8% de leur PIB.   Suite...