Unanimité à la Banque d'Angleterre pour ne pas relever les taux

mercredi 21 janvier 2015 11h16
 

LONDRES, 21 janvier (Reuters) - La décision de la Banque d'Angleterre (BoE) de ne pas relever ses taux d'intérêt en janvier a été prise à l'unanimité de son comité de politique monétaire, une première depuis juillet, le recul de l'inflation ayant conduit les deux partisans d'une telle mesure à ne pas la réclamer cette fois.

Martin Weale et Ian McCafferty, qui prônaient depuis août l'abandon d'une politique de taux historiquement bas, ont jugé qu'un relèvement du loyer de l'argent dans le contexte actuel pourrait favoriser une inflation durablement inférieure aux objectifs.

La hausse des prix en Grande-Bretagne a ralenti de manière inattendue à 0,5% en décembre, son rythme le plus faible depuis plus de 14 ans et un taux nettement inférieur à l'objectif de 2% de la BoE.

"En ce qui concerne les deux membres qui avaient voté le mois précédent pour une hausse de taux, la décision ce mois-ci a été finalement équilibrée", est-il écrit dans le compte-rendu, publié mercredi, de la réunion des 7 et 8 janvier.

"Ils ont relevé le risque qu'une inflation basse puisse durer au-delà des facteurs provisoires sous-jacents et ont conclu que ce risque serait accru par un relèvement de taux dans la situation actuelle."

Le gouverneur de la BoE, Mark Carney, a déclaré que l'inflation pourrait devenir négative dans les prochains mois mais que son institution ne voyait pas la nécessité de prendre de nouvelles mesures de soutien monétaire et envisageait toujours un relèvement de taux dans un avenir proche.

D'après le compte-rendu publié mercredi, la Banque d'Angleterre évalue à peu près à 50% la probabilité que cela se produise au cours du premier semestre 2015. Les membres du comité de politique monétaire jugent cependant qu'il s'agirait d'une situation provisoire si les cours du pétrole ne chutent pas davantage.

A moyen terme, ils perçoivent des pressions potentielles à la hausse des prix en raison de signes évoquant un redressement des salaires, de la faiblesse des taux des prêts immobiliers et d'une hausse des revenus nominaux plus rapide que l'inflation.

Mark Carney a déclaré que la chute des cours du pétrole avait globalement un impact positif sur l'économie britannique et que la BoE ignorerait ses effets directs sur l'inflation.

La BoE se concentre davantage sur la progression des salaires pour arrêter le calendrier d'une hausse des taux.

Ce compte-rendu de la BoE amène les investisseurs à anticiper désormais un délai de 18 mois avant une hausse des taux, contre 15 mois précédemment. La publication de ce document a entraîné un affaiblissement de la livre sterling aussi bien face au dollar que face à l'euro. (David Milliken et Li-mei Hoang; Bertrand Boucey pour le service français, édité par Véronique Tison)