** LE POINT SUR LES MARCHÉS à la clôture en Europe **

mardi 20 janvier 2015 18h22
 

PARIS/LONDRES, 20 janvier (Reuters) - Les Bourses européennes ont terminé
dans le vert mardi, avec l'indice paneuropéen EuroFirst 300 à son plus haut
niveau en sept ans, soutenues par un ralentissement moins sévère que redouté de
la croissance en Chine, qui conforte une tendance à la hausse alimentée par la
perspective d'un assouplissement de la politique monétaire de la Banque centrale
européenne (BCE) jeudi. 
    La Chine a enregistré en 2014 une croissance de 7,4%, la plus faible depuis
1990 et légèrement moins que l'objectif de 7,5% fixé par les autorités. La
croissance du seul quatrième trimestre a toutefois été un peu meilleure que
prévu (7,3% contre 7,2%) et, surtout, la production industrielle et les ventes
au détail ont été supérieures aux attentes des économistes.     
    
    À Paris, l'indice CAC 40 a terminé en hausse de 1,16% à 4.446,02
points. Le Footsie britannique a pris 0,52% et le Dax allemand 
0,14%, freiné par SAP, tandis que l'indice EuroStoxx 50 a gagné
0,75% et le FTSEurofirst 300 a progressé de 0,84% à points à 1.421,70
points, son plus haut niveau de clôture depuis mi-janvier 2008.
    A la clôture en Europe, les grands indices américains perdent 0,6 à 0,8%,
avec le secteur de l'énergie affecté par une nouvelle chute du pétrole.
    En Europe, les produits de base et les bancaires ont mené la
hausse, avec des gains respectifs de 2,29% et 1,5% pour les deux indices. Les
banques coopératives italiennes ont bondi pour la deuxième séance consécutive
dans la perspective d'une réforme qui favoriserait une consolidation du secteur.
    Seuls le secteur technologique (-0,37%) et celui des boissons et de
l'alimentation (-0,11%) ont reculé. SAP a plombé le secteur
technologique avec une baisse de 4,6%. Le leader européen des logiciels a
abaissé son objectif de bénéfice d'exploitation pour 2017 en raison des coûts de
développement dans les services dématérialisés (cloud).     
    Les Bourses européennes ont surtout profité de la conviction des
investisseurs que la BCE annoncera dès jeudi un vaste programme de rachats de
dettes souveraines pour soutenir l'activité dans la zone euro.      
    Cette anticipation nourrit depuis plusieurs semaines la hausse des marchés
d'actions et la faiblesse de l'euro, qui s'échange autour de 1,1578 dollar. Le
dollar gagne 1%, retrouvant son niveau d'il y a une semaine face au yen.        
    Le Fonds monétaire international (FMI) a abaissé ses prévisions pour
l'économie mondiale en 2015 et 2016, estimant que la chute du pétrole ne
compensera pas la faiblesse de l'investissement sur fond de pessimisme accru sur
l'évolution de la croissance potentielle de nombreux pays. 
    "Le bon côté du ralentissement de la croissance mondiale est qu'il est
désormais très peu probable que la Réserve fédérale relève ses taux d'intérêt à
la mi-année", dit Paul Nolte, gérant chez Kingsview Asset Management à Chicago. 
    Des doutes demeurent toutefois sur l'ampleur et les modalités du programme
que s'apprêterait à lancer la BCE. Cela conduit les investisseurs à se
positionner sur les valeurs refuges comme l'or, qui a brièvement retrouvé ses
niveaux de début septembre en cours de séance, à 1.294,18 dollars l'once.    
    Malgré les chiffres de la croissance chinoise, les cours du pétrole n'ont
toujours pas rebondi, dans un contexte persistant de surabondance de l'offre. Le
Brent de la mer du Nord se traite à 48,50 dollars le baril.
    Sur le marché obligataire, les rendements espagnols se sont maintenus juste
au-dessus de leurs plus bas record, après une adjudication par Madrid de neuf
milliards d'euros d'un nouveau titre à 10 ans, profitant de la forte demande qui
s'appuie sur les spéculations d'assouplissement quantitatif de la BCE. Les
rendements des autres obligations souveraines européennes sont stables ou en
légère hausse mais restent tous près de leurs plus bas historiques, à
l''exception des rendements grecs, en hausse de 31 points de base à 9,76%, dans
l'incertitude sur l'issue des élections législatives anticipées de dimanche.   
    Contre la tendance, Unilever  a cédé 0,58% après l'annonce
d'une croissance du chiffre d'affaires inférieure aux attentes. 
    Philips a pris en revanche 2,61% en raison d'informations de presse
évoquant l'intérêt de fonds investissement pour sa division éclairage.        
    * Tableau des principaux marchés mondiaux : 

 (Juliette Rouillon pour le service français, édité par Véronique Tison)