Nucléaire-L'ASN prévoit un 1er avis fin 2015 sur l'après-40 ans

mardi 20 janvier 2015 14h08
 

PARIS, 20 janvier (Reuters) - L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) prévoit de rendre fin 2015 un premier avis sur les sujets essentiels à traiter dans le cadre d'une éventuelle prolongation de la durée de vie des centrales nucléaires françaises au-delà de 40 ans, a indiqué mardi son président Pierre-Franck Chevet.

Pierre-Franck Chevet, qui précisait le calendrier fourni jusqu'ici par le gendarme du nucléaire, a ajouté lors d'une conférence de presse que l'ASN devrait être en mesure de prendre une position finale sur la question en 2018.

Evoquant "quatre ou cinq" sujets essentiels, le président de l'ASN a répété que la prolongation des centrales nucléaires françaises exploitées par EDF n'était "nullement acquise à ce stade".

"L'avis que nous rendrons, a priori fin 2015 (...), donnera la liste de ces sujets et des dossiers attendus. Les propositions seront analysées les unes après les autres jusqu'à temps que l'on puisse constituer un avis global et final sur la question, a priori en 2018", a-t-il précisé.

Les piscines stockant les assemblages de combustibles usés, de même que le vieillissement d'éléments non remplaçables tels que les cuves ou les enceintes de confinement des réacteurs, font partie des enjeux majeurs auxquels EDF doit faire face.

Pierre-Franck Chevet a souligné que 26 des 58 réacteurs du parc français devraient connaître leur quatrième visite décennale entre 2020 et 2025, au terme desquelles l'ASN se prononcera sur la poursuite de leur exploitation au-delà de 40 ans.

"Le calendrier est serré, très très serré (...) Si je n'ai pas tous les dossiers, si les dossiers ne sont pas de bonne qualité, ce n'est peut-être même pas en 2018 qu'on arrivera à donner un avis (global)", a-t-il ajouté.

La centrale du Tricastin (Drôme) sera la première à connaître sa quatrième visite décennale, en 2019, avant même celle de Fessenheim (Haut-Rhin) que le gouvernement a pour l'instant prévu de fermer tout en demandant à EDF d'étudier la possibilité d'en arrêter d'autres à la place.

Pierre-Franck Chevet a également redit que l'ASN s'inquiétait des difficultés d'EDF à gérer les arrêts de réacteurs pour travaux alors même que le niveau de ces travaux est "sans commune mesure" avec ceux qui permettraient de prolonger la durée de vie des centrales et de mettre en place de nouveaux systèmes consécutifs à l'accident de Fukushima.

Le nouveau PDG d'EDF, Jean-Bernard Lévy, a déclaré le 14 janvier que le groupe était confiant dans sa capacité à prolonger la durée de vie des centrales nucléaires françaises de 40 à 50 ans, voire 60 ans, et a confirmé que le programme d'investissement dans le parc français devrait atteindre 55 milliards d'euros d'ici à 2025.

L'enjeu financier est considérable pour EDF dans la mesure où un amortissement de ses centrales françaises sur une durée plus longue que 40 ans aurait mécaniquement pour effet d'améliorer ses comptes et donc potentiellement les dividendes versés à l'Etat, qui détient 84,5% du capital du groupe. (Benjamin Mallet, édité par Dominique Rodriguez)