GRAPHES-La BNS, la BCE et les limites de la politique monétaire

lundi 19 janvier 2015 19h16
 

* Le bilan de la BNS représente 80% du PIB du pays

* Un poids relatif quatre fois supérieur à celui de la BCE

* Le poids du bilan de la BCE inférieur à celui de la Fed, BoE

PARIS, 19 janvier (Reuters) - L'annonce par la Banque centrale européenne d'un programme d'assouplissement quantitatif (QE) lors de sa réunion de politique monétaire est donnée pour acquise et présentée comme l'une des justifications de l'abandon surprise par la Banque nationale suisse du plancher de 1,20 franc pour un euro instauré en septembre 2011.

La défense de ce seuil a conduit la BNS à acheter des actifs libellés en euros qui représentent autour de 40% du total de son bilan porté à 525 milliards de francs suisses, soit près de 80% du produit intérieur brut du pays.

Il s'agit du ratio le plus élevé des grands pays développés, supérieur même à celui qui prévaut au Japon, où l'amplification de l'assouplissement quantitatif annoncé par la banque centrale en novembre dernier devrait porter les actifs figurant au bilan de la BoJ à environ 75% du PIB à la fin de cette année.

La perspective d'une poursuite de l'affaiblissement de l'euro avec le lancement d'une politique d'assouplissement quantitatif par la BCE aurait contraint la BNS a accroître encore la taille de son bilan en achetant encore plus d'actifs libellés en euro pour freiner l'appréciation de sa devise et défendre le cours plancher.

La décision de la BNS semble indiquer qu'une politique d'expansion monétaire atteint ses limites lorsque la taille du bilan de la banque centrale se rapproche, voire excède, celle de son économie et que les pertes potentielles sur ses actifs menacent sa crédibilité et risquent de miner la solvabilité de l'Etat.

Le poids relatif du bilan de la BCE, à 22% du PIB, est sans commune mesure avec celui de la BNS et comparable, bien qu'inférieur, à celui de la Fed ou de la Banque d'Angleterre (25% et 27% respectivement).   Suite...