Allemagne-IG Metall brandit la menace d'une grève nationale

lundi 19 janvier 2015 17h24
 

FRANCFORT, 19 janvier (Reuters) - IG Metall, le principal syndicat d'Allemagne, a déclaré lundi que le patronat devait réagir rapidement à sa revendication d'une hausse des salaires de 5,5% sous peine de risquer une grève nationale à partir de fin janvier.

Selon le syndicat, qui négocie au nom de 3,7 millions de salariés des secteurs de la métallurgie et de la construction, l'inflation proche de zéro en Allemagne justifie une telle revalorisation salariale car elle pourrait éviter au pays une spirale déflationniste en soutenant la consommation.

IG Metall a accepté de ne pas déclencher de grève avant la fin du deuxième cycle de négociations le 28 janvier. Trois grèves isolées d'avertissement ont tout de même déjà eu lieu dans le Land de Thuringe.

"J'attends des employeurs qu'ils avancent une proposition lors du deuxième cycle des négociations s'ils souhaitent un accord rapide et éviter une extension du conflit", a déclaré Jörg Hofmann, vice-président d'IG Metall, au cours d'une conférence de presse.

"Vous pouvez compter sur le fait que nos revendications seront soutenues via des initiatives soldaires de nos travailleurs sur le plan national à partir du 29 janvier", a-t-il ajouté.

Comme prévu, une première série de négociations salariales entre IG Metall et le patronat la semaine dernière en Bavière s'est achevée sans accord.

En 2013, IG Metall avait accepté un accord d'une durée de 20 mois consistant en une revalorisation des salaires en deux temps, d'abord de 3,4% puis de 2,2%.

La Bundesbank a jugé l'an dernier que des hausses de salaires supérieures à l'inflation pourraient profiter à l'économie allemande en stimulant les dépenses de consommation, opinion à laquelle IG Metall continue de se référer.

Dans son rapport mensuel publié lundi, la Bundesbank juge que l'économie allemande semble avoir surmonté plus vite que prévu une période de faiblesse. Elle ajoute qu'elle va réduire ses prévisions d'inflation pour 2015 en raison de l'effondrement des cours du pétrole.

La hausse des prix à la consommation en Allemagne a ralenti à 0,1% en décembre, son niveau le plus bas en plus de cinq ans.

IG Metall a toutefois dit que sa demande de revalorisation salariale n'était pas basée sur le niveau de l'inflation constaté mais sur les objectifs fixés par la Banque centrale européenne (BCE) d'une hausse des prix légèrement inférieure à 2%. (Georgina Prodhan; Claude Chendjou pour le service français, édité par Bertrand Boucey)