Des géants de l'énergie quittent un projet de stockage du carbone

lundi 19 janvier 2015 14h48
 

OSLO, 19 janvier (Reuters) - Quatre grands acteurs européens du secteur de l'énergie, dont le français EDF, se sont retirés d'un projet de développement des techniques de captage et de stockage du carbone (CCS) en jugeant cette technologie trop coûteuse, peut-on lire dans une lettre consultée lundi par Reuters.

Outre EDF, l'allemand RWE, le suédois Vattenfall et l'espagnol Gas Natural Fenosa ont décidé de sortir du projet baptisé "plateforme zéro émission" (ZEP), qui conseille la Commission européenne sur les techniques de captage et de stockage du carbone.

"Le groupe utility (prestataires de services aux collectivités-NDLR) a décidé de cesser son engagement dans la ZEP", est-il écrit dans cette lettre datée du 12 janvier adressée à Graeme Sweeney, président du conseil de cette plateforme.

Créée en 2005, la ZEP réunit des entreprises, des scientifiques et des organisations de défense de l'environnement pour réfléchir aux moyens de capter et d'enterrer le carbone émis essentiellement par les centrales électriques fonctionnant à partir d'énergies fossiles.

Son objectif est ainsi de développer de nouvelles technologies de lutte contre le changement climatique, les émissions de dioxyde de carbone étant considérées comme un facteur majeur de la hausse des températures.

Les recherches sur les techniques dites CCS ne permettent cependant toujours pas d'envisager leur généralisation.

"Nous ne disposons pas actuellement du cadre économique nécessaire en Europe pour faire des CCS une technologie attractive pour l'investissement", est-il écrit dans la lettre.

Ancien conseiller de Shell, Graeme Sweeney, a dit à Reuters que le retrait de ces quatre entreprises était "un motif de regret".

L'organisation environnementale norvégienne Bellona les accuse pour sa part de feindre un quelconque intérêt pour le captage et le stockage du carbone.

"Les 'utilities' consacrent la manne de leurs bénéfices aux dividendes au lieu de transformer leur industrie. C'est une occasion perdue pour elles", a dit Frederic Hauge, président de Bellona et vice-président de la ZEP, à Reuters. (Alistair Doyle; Bertrand Boucey pour le service français)