La BNS a agi en anticipation d'un QE de la BCE-ministre

lundi 19 janvier 2015 12h01
 

HONG KONG, 19 janvier (Reuters) - La décision de la banque centrale suisse de renoncer au cours plancher du franc a été prise par anticipation de l'adoption probable par la BCE d'un programme de rachats d'actifs (ou assouplissement quantitatif, QE) qui affaiblirait encore l'euro, a déclaré lundi le ministre des Finances du Luxembourg.

La semaine dernière, la Banque nationale suisse (BNS) a pris les marchés de court en annonçant l'abandon du plancher de 1,20 franc pour un euro instauré en septembre 2011 en pleine crise de la zone euro, l'un des piliers de sa politique monétaire.

Cette annonce a fait bondir le franc suisse, qui a gagné jusqu'à 40% face à la monnaie européenne, et mis à genoux plusieurs courtiers du marché des changes.

"Ce n'est pas un secret que la BCE envisage de pratiquer une politique d'assouplissement quantitatif", a dit Pierre Gramegna en marge du Forum financier asiatique à Hong Kong.

"Pour les autorités suisses, il y avait une situation d'urgence. Elles savaient que si l'assouplissement quantitatif était lancé, cela augmenterait tellement la pression sur le franc suisse qu'elles ne pourraient défendre leur plancher."

"Elles ont donc anticipé cela et se sont épargnées d'énormes dépenses prises sur leurs réserves de changes", a-t-il dit. ajoutant que l'annonce d'un QE était "une possibilité".

Pierre Gramegna, qui présidera l'Eurogroupe des ministre de Finances de la zone euro en juillet, a ajouté qu'en dépit de la nervosité sur le marché, il ne s'attendait pas à ce qu'une éventuelle victoire du parti de gauche Syriza en Grèce déclenche une nouvelle crise financière capable de menacer l'euro.

"L'Europe est nettement mieux préparée aujourd'hui à faire face à des tensions, quelles qu'elles soient, qu'il y a trois ans quand la crise grecque a été un facteur important d'instabilité", a-t-il ajouté.

A six jours des élections législatives anticipées, les sondages donnent le parti de la gauche radicale grecque Syriza en tête des intentions de vote. Le parti d'Alexis Tsipras veut revenir en partie sur les politiques d'austérité mises en place dans le cadre des plans d'aide financière et renégocier la dette publique grecque, qui atteint 175% de son PIB. (Lisa Jucca, Juliette Rouillon pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)