Encore $52 mds de litiges pour les banques en Europe-M. Stanley

mardi 13 janvier 2015 16h47
 

LONDRES, 13 janvier (Reuters) - Les banques européennes risquent de devoir encore payer 52 milliards de dollars (44 milliards d'euros) d'amendes et d'autres frais de litige dans les deux ans à venir, les britanniques Royal Bank of Scotland et Barclays étant les plus exposées, estiment les analystes de Morgan Stanley.

Ces coûts ont représenté 230 milliards de dollars pour les banques américaines et européennes depuis 2009 et la facture pourrait encore s'alourdir de 70 milliards d'ici la fin 2016, visant essentiellement les 20 plus grandes banques européennes, expliquent-ils dans une note de recherche publiée mardi.

Les banques européennes ont payé quelque 104 milliards de dollars à ce stade. Les 52 milliards de dollars d'amendes qu'anticipe encore Morgan Stanley seront liées pour la plupart à l'affaire des manipulations de taux de change et à des pratiques de vente abusive de crédits immobiliers aux Etats-Unis.

Ces cinq dernières années, les amendes résultaient pour la plupart de manipulations des taux d'intérêt de référence (le Libor principalement) ou de ventes abusives de crédits immobiliers aux Etats-Unis ou d'assurances au Royaume-Uni.

En novembre, six banques avaient écopé d'amendes d'un total de 4,3 milliards de dollars dans l'affaire de la manipulation des marchés des changes.

Royal Bank of Scotland, détenue majoritairement par le gouvernement britannique, devra s'acquitter de 10,6 milliards de dollars supplémentaires après avoir déjà payé ou provisionné 12,6 milliards, estime Morgan Stanley.

L'addition serait de 8,3 milliards de dollars supplémentaires pour Barclays, de 7,7 milliards pour HSBC , de 6,1 milliards pour Lloyds et de 5,1 milliards pour Deutsche Bank.

Pour les banques américaines, le plus dur semble passé : les cinq plus sanctionnées ont jusqu'ici payé 128 milliards de dollars et Morgan Stanley estime qu'elles devront encore débourser 18 milliards.

Les analystes de JP Morgan, de leur côté, estiment que les quatre grandes banques britanniques devront encore provisionner 15,1 milliards de livres (22,8 milliards de dollars ou 19,4 milliards d'euros) dans les deux ans qui viennent, en plus des 11,6 milliards de livres de réserves déjà constituées. (Steve Slater, Véronique Tison pour le service français)