Grèce-La situation grave mais "pas totalement dramatique"-Trichet

mardi 6 janvier 2015 09h56
 

PARIS, 6 janvier (Reuters) - La situation en Grèce, où le parti de la gauche radicale Syriza pourrait arriver au pouvoir, est "très grave" mais "pas totalement dramatique", a déclaré mardi l'ancien président de la Banque centrale européenne Jean-Claude Trichet.

Il a jugé néanmoins rassurant que la formation en tête dans les sondages en vue des élections législatives du 25 janvier ait exprimé sa volonté de ne pas quitter l'euro.

"Nous avons à nouveau un problème grec qui est grave, qui est très grave, mais qui n'est pas totalement dramatique", a-t-il dit sur Europe 1, à trois semaines d'un scrutin qui inquiète les pays membres de l'euro.

Jean-Claude Trichet a jugé que le programme de Syriza comportait "deux éléments très inquiétants", à savoir l'effacement d'une partie de la dette de la Grèce vis-à-vis de l'Union européenne et l'arrêt des politiques d'assainissement des comptes publics.

"Ils veulent faire payer l'ensemble des contribuables européens", a-t-il estimé. "Le débat n'existe pratiquement qu'en Allemagne mais chaque contribuable européen a payé exactement la même chose lorsqu'il a fallu faire des prêts à la Grèce (...) ce message qui est donné aux autres Européens n'est pas du tout un message convenable."

Toujours selon l'ancien président de la BCE, "les coûts en Grèce, si le programme était appliqué, augmenteraient considérablement, ce qui veut dire que le chômage en Grèce augmenterait considérablement, ce qui veut dire que les Français, les Allemands et les autres Européens iraient moins en Grèce pour faire du tourisme."

Pour lui, les efforts demandés à Athènes ne sont pas de l'austérité, mais "simplement le retour a l'équilibre", les Grecs se retrouvant "par mauvaise gestion répétée année après année depuis la création de l'euro jusqu'à fin 2009 dans une situation de déficit gigantesque".

"Il y a un élément qui est rassurant, c'est que le parti Syriza ne veut pas quitter l'euro, car il sait bien que ce serait complètement dramatique pour la Grèce", a encore estimé Jean-Claude Trichet.

Quelle que soit la prochaine majorité, "il est clair que la Grèce devra respecter ses engagements" pris vis-à-vis de ses partenaires européens."

François Hollande rencontrera Angela Merkel dimanche à Strasbourg afin, notamment, d'adopter une position commune sur le dossier grec, Paris et Berlin ayant aussi appelé au respect des engagements d'Athènes. (Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse)