Le propriétaire de Sika en justice sur la cession à Saint-Gobain

lundi 5 janvier 2015 16h21
 

ZURICH, 5 janvier (Reuters) - La famille qui contrôle le chimiste suisse Sika a annoncé lundi avoir saisi la justice dans le but de permettre son rachat pour 2,75 milliards de francs suisses (environ 2,3 milliards d'euros) par Saint-Gobain.

Leader mondial de la chimie de la construction, Sika est en proie à de vives tensions internes depuis que sa direction et des membres de son conseil d'administration ont menacé de démissionner pour protester contre l'annonce par la famille Burkard-Schenker de la vente à Saint-Gobain des 16,1% du capital qu'elle détient, qui assurerait au français 52,4% des droits de vote.

Le véhicule familial Schenker-Winkler Holding (SWH) a annoncé lundi avoir déposé une plainte auprès du tribunal cantonal de Zoug pour obtenir la convocation d'une assemblée générale extraordinaire (AGE) qui pourrait évincer les trois membres du conseil d'administration opposés à la vente.

"Schenker-Winkler Holding cherche à assurer une finalisation rapide du contrat entre Saint-Gobain et la famille Burkard", a déclaré la famille dans un communiqué.

Un porte-parole de Sika a déclaré que la société avait bien pris note de cette plainte qui, selon la réglementation boursière suisse, doit être jugée dans les 60 jours.

Depuis que la famille a demandé la tenue d'une AGE, le cabinet de conseil aux investisseurs Ethos a demandé une résolution supprimant la clause qui permet à Saint-Gobain de racheter une participation majoritaire sans lancer d'offre sur le reste du capital.

Ethos, qui conseille 11 actionnaires représentant 1,7% du capital de la société, estime que cette clause pénalise injustement les actionnaires minoritaires.

Chris Tanner, un des candidats à un poste d'administrateur proposé par la famille, a retiré fin décembre sa candidature, estimant qu'il ne pourrait pas être indépendant. (Katharina Bart, Juliette Rouillon pour le service français, édité par Marc Angrand)