France-Cécile Duflot part en guerre contre la loi Macron

dimanche 4 janvier 2015 00h02
 

PARIS, 4 janvier (Reuters) - Faire échec au projet de loi sur la croissance et l'activité est "un devoir", estime Cécile Duflot, qui voit dans le texte porté par le ministre de l'Economie Emmanuel Macron un "grand bond en arrière" en matière d'environnement et un "renoncement social".

Dans une tribune publiée dans le Journal du dimanche, l'ex- ministre de l'Ecologie déclare que le projet de loi n'est qu'"un catalogue fourre-tout de vieilles idées des années 1980 enfouies dans les cartons de Bercy".

"Non, la loi Macron n'est pas moderne. Elle est même d'un certain point de vue un grand bond en arrière, une occasion manquée de changer de modèle", écrit-elle en contestant qu'elle constitue "un coup de jeune pour notre société" comme l'a affirmé François Hollande lors de ses voeux du 31 décembre.

"Beaucoup de critiques, souvent justes, ont ainsi pointé les risques sociaux du texte. Mais chose peu dite, ce projet de loi peut également marquer un net recul écologique du quinquennat", dit la responsable d'Europe Ecologie-Les Verts.

Elle juge ainsi que la partie qui vise à "simplifier" le droit de l'environnement constitue dans les faits "un passage en force".

"La méthode proposée est dangereuse. Elle permet d'alléger par ordonnances toutes les mesures du code de l'environnement qui viendraient soi-disant gêner l'activité et la croissance" alors que, selon elle, le droit de l'environnement est "un droit de protection face à la logique de marché".

Le projet de loi "porte aussi atteinte à la transition énergétique" avec des dispositions qui encouragent l'exportation de centrales nucléaires ou organisent la concurrence entre le rail et la route en libéralisant le transport par autocars, estime Cécile Duflot.

L'ancienne ministre voit encore dans l'extension de l'ouverture des commerces le dimanche une "véritable régression", "une menace pour la cohésion sociale", et s'inquiète que, en matière de logement, le projet de loi "encourage les pratiques spéculatives de 'la vente à la découpe' qui menace les locataires aux faibles revenus."

"La modernité réelle serait d'inventer un nouveau modèle social écologique, capable de répondre aux deux grands défis de notre époque: le dérèglement climatique et la montée des inégalités", indique-t-elle.   Suite...