La part de l'euro dans les réserves mondiales à un plus bas -FMI

vendredi 2 janvier 2015 20h44
 

NEW YORK, 2 janvier (Reuters) - Les réserves de change en euro détenues par les banques centrales du monde entier sont tombées au troisième trimestre à leur plus bas niveau en plus de dix ans, selon les statistiques du Fonds monétaire international (FMI) publiées mercredi.

La part de la devise européenne dans les réserves du FMI représentait 1.400 milliards de dollars au troisième trimestre, soit 22,6% du montant global des réserves allouées, à son plus bas niveau depuis le troisième trimestre 2002.

Au total, les réserves de change représentaient 11.800 milliards de dollars au troisième trimestre, contre un record de 12.000 milliards au deuxième trimestre, accusant leur première baisse trimestrielle depuis la crise financière de 2008/2009.

Les réserves globales sont des actifs détenus par les banques centrales en différentes devises, utilisés avant tout pour couvrir leur passif. Les banques centrales se sont parfois concertées pour acheter ou vendre des réserves officielles internationales en vue d'influer sur les parités de changes.

"Ces données indiquent qu'il n'y avait pas d'appétit pour l'euro après une correction de 8% au troisième trimestre", dit Sébastien Galy, analyste pour la Société générale à New York.

Il précise que les gérants de réserves de changes n'avaient pas acheté l'euro en raison de la politique de taux proches de zéro de la Banque centrale européenne (BCE) qui rend de tels achats trop coûteux, ajoutant que ces données laissent penser que ces gérants de réserves ont peut-être vendu l'euro.

"Cela modifie toute la dynamique de l'euro/dollar", commente-t-il. Il estime que ces données annoncent une poursuite de la faiblesse de la devise européenne, qui pourrait toucher un plus bas de 1,14 dollar au premier trimestre 2015. L'euro a touché un creux de 4-1/2 ans à 1,2005 dollar vendredi.

Les réserves en dollar ont augmenté à 3.900 milliards de dollars, soit 62,3% du montant global, la part la plus importante depuis le quatrième trimestre 2011, contre 60,7% au deuxième trimestre. La part du yen, elle, est restée virtuellement inchangée au troisième trimestre, autour de 4%. (Sam Forgione, avec Anirban Nag à Londres, Juliette Rouillon pour le service français)