Ebola-Le FMI en partie responsable des faibles moyens sanitaires-étude

mardi 30 décembre 2014 16h14
 

par Chris Arsenault

ROME, 30 décembre (Reuters) - Le Fonds monétaire international (FMI) est en partie responsable du niveau qu'a atteint l'épidémie de fièvre Ebola dans trois pays d'Afrique de l'Ouest, les politiques imposées ayant pesé sur les dépenses de santé, selon une étude britannique.

En échange de prêts à la Guinée, à la Sierra Leone et au Liberia, le FMI a imposé comme priorité au cours des deux dernières décennies le remboursement de la dette et le renforcement des réserves de change au détriment des politiques de santé, écrivent les auteurs de l'étude, des chercheurs de trois grandes universités britanniques.

"Les mesures prônées par le FMI ont contribué à établir des systèmes de santé sous-financés, pauvres en main d'oeuvre, par ailleurs peu préparée, dans les pays frappés par la fièvre Ebola", a déclaré Alexander Kentikelenis, professeur de sociologie à l'université de Cambridge et co-auteur de l'étude publiée dans le journal Lancet Global Health.

Comme conditions, le FMI impose généralement aux pays débiteurs une réorganisation du secteur public et encourage les privatisations.

L'organisation se défend de toute responsabilité.

"Le FMI se penche sur des mécanismes pouvant permettre de desserrer rapidement la contrainte liée à la dette dans ces pays - ce qui permettrait d'allouer plus de ressources aux dépenses de santé", a écrit Sanjeev Gupta, un responsable de l'organisation basée à Washington.

Selon lui, les demandes du FMI n'ont pas pesé sur les politiques de santé puisque les budgets alloués en pourcentage du PIB ont progressé de 0,7 point en Guinée, de 1,6 point au Liberia et de 0,24 point en Sierra Leone.

Les taux de mortalité, de nutrition infantile et d'installations sanitaires se sont tous améliorés dans les trois principaux pays frappé pas la fièvre Ebola au cours de la dernière décennie, a-t-il ajouté.   Suite...