30 décembre 2014 / 15:18 / dans 3 ans

Ebola-Le FMI en partie responsable des faibles moyens sanitaires-étude

par Chris Arsenault

ROME, 30 décembre (Reuters) - Le Fonds monétaire international (FMI) est en partie responsable du niveau qu‘a atteint l‘épidémie de fièvre Ebola dans trois pays d‘Afrique de l‘Ouest, les politiques imposées ayant pesé sur les dépenses de santé, selon une étude britannique.

En échange de prêts à la Guinée, à la Sierra Leone et au Liberia, le FMI a imposé comme priorité au cours des deux dernières décennies le remboursement de la dette et le renforcement des réserves de change au détriment des politiques de santé, écrivent les auteurs de l‘étude, des chercheurs de trois grandes universités britanniques.

“Les mesures prônées par le FMI ont contribué à établir des systèmes de santé sous-financés, pauvres en main d‘oeuvre, par ailleurs peu préparée, dans les pays frappés par la fièvre Ebola”, a déclaré Alexander Kentikelenis, professeur de sociologie à l‘université de Cambridge et co-auteur de l‘étude publiée dans le journal Lancet Global Health.

Comme conditions, le FMI impose généralement aux pays débiteurs une réorganisation du secteur public et encourage les privatisations.

L‘organisation se défend de toute responsabilité.

“Le FMI se penche sur des mécanismes pouvant permettre de desserrer rapidement la contrainte liée à la dette dans ces pays - ce qui permettrait d‘allouer plus de ressources aux dépenses de santé”, a écrit Sanjeev Gupta, un responsable de l‘organisation basée à Washington.

Selon lui, les demandes du FMI n‘ont pas pesé sur les politiques de santé puisque les budgets alloués en pourcentage du PIB ont progressé de 0,7 point en Guinée, de 1,6 point au Liberia et de 0,24 point en Sierra Leone.

Les taux de mortalité, de nutrition infantile et d‘installations sanitaires se sont tous améliorés dans les trois principaux pays frappé pas la fièvre Ebola au cours de la dernière décennie, a-t-il ajouté.

Plus de 20.000 personnes ont été contaminées dans ces trois Etats et plus de 7.800 en sont mortes, selon le dernier bilan de l‘Organisation mondiale de la santé (OMS).

L‘étude publiée mardi ne donne pas d‘ordre de grandeur quant au nombre de victimes qu‘une politique économique moins contraignante aurait pu épargner.

D‘autres pays frappés par ce qui constitue la pire épidémie de fièvre Ebola depuis la découverte du virus en 1976, dont le Nigeria et le Sénégal, disposent de systèmes de santé plus performants, qui ont permis de lutter contre la propagation de la maladie, selon Alexander Kentikelenis.

L‘amélioration des financements depuis 2010 n‘est pas du ressort du FMI mais tient à d‘autres facteurs, tels qu‘une hausse de l‘aide extérieure, a précisé Alexander Kentikelenis, qui cosigne cette étude avec des chercheurs de l‘Université de Cambridge, de l‘Ecole d‘hygiène et de médecine tropicale de Londres et de l‘Université d‘Oxford. (Agathe Machecourt pour le service français)

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