La France dit au revoir à sa taxe à 75%, sans grand regret

mardi 23 décembre 2014 17h58
 

* Une mesure qui a aidé Hollande à l'emporter en 2012

* Une fois élu, elle l'a handicapé

* La taxe disparaîtra à la fin de l'année

PARIS, 23 décembre (Reuters) - Quand François Hollande a annoncé pendant sa campagne électorale de 2012 la création d'une taxe à 75% sur les revenus supérieurs à un million d'euros, certains ont craint l'exode des chefs d'entreprise, des sportifs et des artistes.

L'un de ses conseillers, Emmanuel Macron, avait plaisanté en disant qu'avec elle la France deviendrait "Cuba sans le soleil".

Deux ans plus tard, au moment où cette taxe prend fin, le départ massif ne s'est pas produit. Mais le coup porté à l'image de la France auprès des milieux d'affaires a été important. Et le bénéfice pour les comptes publics limité.

"La réforme a clairement abîmé la réputation de la France et sa compétitivité", explique Jorg Stegemann, directeur de Kennedy Executive, un chasseur de tête travaillant en France et en Allemagne. "Il est clairement devenu plus difficile d'attirer des hauts dirigeants internationaux en France."

Selon les sondeurs, l'idée de la taxe à 75% a aidé le candidat socialiste à l'emporter en 2012, en freinant notamment la progression du candidat du Front de gauche Jean-Luc Mélenchon dans les intentions de vote.

Mais sitôt sa victoire acquise, la mesure s'est changée en épine dans le pied, n'aidant guère le pays à ramener son déficit dans les limites européennes et brouillant son image, alors que l'exécutif jurait qu'il n'était pas l'ennemi des entreprises.   Suite...