Accord en Irlande du Nord pour mettre fin à des mois de querelle

mardi 23 décembre 2014 17h13
 

BELFAST, 23 décembre (Reuters) - Les nationalistes et unionistes d'Irlande du Nord ont conclu mardi un accord pour mettre fin à des mois de querelle liée à des questions budgétaires et culturelles dans la province.

Le Premier ministre Peter Robinson, dont le Parti unioniste démocrate (DUP) partage le pouvoir avec les nationalistes du Sinn Féin, a salué l'aboutissement de négociations qui permettra à la province britannique de fixer elle-même le taux d'impôt sur les sociétés, lui offrant l'occasion de le ramener de 21% à 12,5%, taux pratiqué par l'Irlande voisine.

L'accord a été annoncé après 27 heures de discussions entre les représentants du Sinn Féin, du DUP et des gouvernements de Londres et Dublin.

Il prévoit que le gouvernement nord-irlandais obtiendra de l'argent supplémentaire et le pouvoir d'emprunter deux milliards de livres (2,5 milliards d'euros). Le nombre de ministères au palais de Stormont, où siège le gouvernement, sera ramené de douze à neuf.

Sur le plan culturel, les négociateurs se sont entendus pour s'attaquer au "corrosif héritage du passé", pour reprendre l'expression du ministre irlandais des Affaires étrangères Charlie Flanagan.

Une unité spécialisée sera créée pour enquêter sur les décès pendant les "troubles", les affrontements entre catholiques et protestants qui ont fait plus de 3.600 morts en trente ans, jusqu'aux accords de paix et de partage du pouvoir en 1998.

Les parties ont également convenu de confier au parlement nord-irlandais la gestion des parades traditionnelles, qui donnent régulièrement lieu à des débordements et à des affrontements entre communautés. L'épineux dossier était jusque-là réservé au gouvernement de Londres.

Le ministre nord-irlandais de la Justice, David Ford, a toutefois jugé que les modalités de cet arrangement étaient trop floues et portaient en elles les germes de futurs problèmes.

Le désaccord entre DUP et Sinn Féin se focalisait notamment sur les réductions de dépenses sociales, les nationalistes stigmatisant des "Tory cuts", des coupes décidées par les conservateurs au pouvoir à Londres.

La gravité du contentieux menaçait d'effondrement le gouvernement de partage du pouvoir. Peter Robinson a qualifié l'accord conclu mardi d'"étape énorme (qui) bénéficiera à tous". (Ian Graham à Belfast, Conor Humphries à Dublin; Jean-Stéphane Brosse pour le service français)