Cuba s'attend à une accélération de sa croissance

samedi 20 décembre 2014 02h47
 

par Marc Frank

LA HAVANE, 20 décembre (Reuters) - Le gouvernement cubain a prédit vendredi que Cuba connaîtrait en 2015 une croissance économique de 4%, ce qui semble traduire son espoir que la normalisation des relations avec les Etats-Unis permettra de sortir l'île de plusieurs années de relative stagnation.

Le président américain Barack Obama a annoncé mercredi la fin de plus d'un demi-siècle de rupture diplomatique avec Cuba ainsi qu'une série de mesures destinées à faciliter les transferts d'argent et de biens vers le secteur privé à Cuba.

Le ministre cubain de l'Economie, Marino Murillo, a déclaré vendredi devant l'Assemblée nationale que la croissance allait accélérer pour passer de 1,3% cette année à 4% en 2015, rapportent les médias officiels.

Ancien responsable de la banque centrale cubaine, Pavel Vidal juge que le rétablissement des relations diplomatiques avec les Etats-Unis va avoir pour effet immédiat d'accroître les investissements et les revenus à Cuba.

"Cela envoie un signal très favorable à la communauté internationale sur l'avenir de l'économie, cela va stimuler la demande via le tourisme et cela va accroître les transferts d'argent vers les individus et le secteur privé", énumère-t-il.

A ses yeux, une prévision de croissance de 4% en 2015 aurait paru irréaliste il y a seulement une semaine mais la percée diplomatique avec les Etats-Unis la rend désormais crédible, même si l'essentiel de l'embargo américain sur Cuba n'est pas encore levé.

Un économiste cubain ayant requis l'anonymat a déclaré que la croissance économique sur l'île avait été affectée en 2014 par les difficultés rencontrées par le Venezuela, un allié stratégique, et par un recul marqué de la production de nickel.

Pour les observateurs, l'accord avec les Etats-Unis donne le sentiment aux investisseurs qu'il est désormais moins risqué de faire des affaires à Cuba.

"Tout a changé", affirme un ambassadeur européen. "Les investisseurs vont avoir hâte d'arriver avant les Américains, les créanciers vont avoir un peu plus confiance et dans chaque négociation commerciale, Cuba sera désormais dans une position plus forte." (Bertrand Boucey pour le service français)