Croissance "sans équivalent en France" pour l'aéroport de Nantes

vendredi 19 décembre 2014 15h41
 

NANTES, 19 décembre (Reuters) - L'aéroport de Nantes a franchi en 2014 la barre des 4 millions de passagers, a annoncé vendredi Aéroports du Grand Ouest (AGO), apportant de l'eau au moulin des partisans de son transfert controversé à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique).

Le nombre de passagers de Nantes-Atlantique a ainsi doublé en l'espace de neuf ans, et son taux de croissance l'année dernière (+ 5,5 %) est "sans équivalent en France", où la moyenne des autres aéroports régionaux tourne autour de 1 à 2 %.

Il a atteint le seuil de 4 millions de passagers avec quatre ans d'avance sur les prévisions de la déclaration d'utilité publique de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique).

"Pour la première fois, en 2014, on a dû refuser à certaines compagnies aériennes d'opérer des vols le samedi ou le dimanche en été, parce qu'on utilisait tous les créneaux disponibles", a précisé Nicolas Notebaert, président de la filiale du groupe Vinci, concessionnaire de l'équipement.

L'actuel aéroport de Nantes, situé au sud-ouest de l'agglomération, a ainsi connu "80 jours tendus" dans l'année, contre "dix" il y a encore deux ans.

Le président d'AGO s'est toutefois refusé à commenter les déclarations du Premier ministre Manuel Valls, qui a confirmé son intention d'engager les premiers travaux autour de l'équipement l'an prochain, après l'extinction des recours des opposants au projet.

"Techniquement, c'est tout à fait possible de démarrer les travaux en 2015, car nos capacités d'investissement sont là", a simplement déclaré Nicolas Notebaert. "Mais on n'a pas à penser ou à commenter les déclarations du Premier ministre : un concessionnaire n'est là que pour mettre en ÷uvre les décisions de son concédant."

Les propos de Manuel Valls ont provoqué la surprise de la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal, qui lui a souhaité "bon courage" face à l'ampleur de la mobilisation contre le nouvel aéroport, également construit par Vinci. (Guillaume Frouin, édité par Yves Clarisse)