Grèce-Risque de dégâts "irréparables" à l'économie-banque centrale

lundi 15 décembre 2014 21h36
 

ATHENES, 15 décembre (Reuters) - L'économie grecque court le risque de subir des dégâts "irréparables" à mesure que la crise politique déclenchée par la décision du gouvernement d'avancer de deux mois l'élection présidentielle prend des proportions considérables, a déclaré lundi le gouverneur de la banque centrale.

Suite à la décision du gouvernement, annoncée en début de semaine dernière, le premier tour de l'élection présidentielle aura lieu mercredi et non le 15 février comme initialement prévu.

Le chef de l'Etat est élu en Grèce par les députés et en l'état actuel la coalition gouvernementale ne dispose du soutien que de 155 élus, alors qu'il en faudra au moins 180 pour élire le nouveau président.

Au cas où le chef de l'Etat ne peut être élu, il est prévu que le Parlement soit dissous et que des élections législatives anticipées soient organisées.

Un sondage publié la semaine dernière donnait le parti Syriza, connu pour ses positions anti-austérité, en tête, à plus de cinq points devant la Nouvelle Démocratie (droite) d'Antonis Samaras. Syriza est crédité de 31%, la ND de 25,7%.

"Au cours de ces derniers jours, la crise a pris des dimensions préoccupantes, la liquidité sur les marchés financiers décroît à un rythme rapide (...) et le risque de dégâts irréparables pour l'économie grecque est très élevé", souligne Yannis Stournaras, selon le texte d'un discours.

La Bourse d'Athènes a regagné 1,45% ce lundi mais elle a plongé de plus de 20% sur l'ensemble de la semaine dernière à la suite de l'annonce du bouleversement du calendrier de l'élection présidentielle.

Et le rendement des obligations souveraines à 10 ans, qui se traitait à un peu plus de 7% en début de semaine dernière, évoluait non loin de la barre des 9% lundi.

S'exprimant dans les colonnes du quotidien financier Naftemporiki, le ministre grec des Finances Gikas Hardouvelis a déclaré que le pays connaîtrait une croissance 2015 inférieure aux prévisions si jamais les députés ne parvenaient pas à élire le futur président. (Lefeteris Papadimas, Benoit Van Overstraeten pour le service français)