Paris n'a pas renforcé la crédibilité des règles de l'UE-Weidmann

samedi 13 décembre 2014 12h19
 

PARIS, 13 décembre (Reuters) - La France, qui a renoncé à ramener son déficit public sous 3% du produit intérieur brut en 2015 comme elle s'y était auparavant engagée, "n'a pas renforcé la crédibilité des règles européennes", déclare samedi le président de la Bundesbank au Figaro.

Interrogé sur la décision de la Commission européenne, gardienne des règles de l'UE, de reporter à mars son jugement sur le projet de budget 2015 de la France, Jens Weidmann répond : "J'aurais attendu des décisions plus claires."

"Il serait malencontreux si l'impression s'installait que les règles sont finalement négociables et que la consolidation budgétaire pouvait être encore et toujours reportée par les gouvernements nationaux", dit-il dans cet entretien également accordé à la Republicca et El Pais.

La Commission européenne a averti la France fin novembre qu'elle n'hésiterait pas à la sanctionner si elle ne mettait pas rapidement en oeuvre des réformes structurelles pour améliorer ses perspectives de croissance et ses finances publiques.

Mais elle a reporté toute décision à mars.

"Je suis convaincu que des grands pays comme l'Allemagne, la France ou l'Italie ont une responsabilité particulière dans la crédibilité des règles dont nous sommes convenus", dit Jens Weidmann.

"La France a annoncé qu'elle n'atteindra pas l'objectif de déficit convenu en 2015 et elle a reporté clairement plus loin la correction prévue de son déficit excessif. De mon point de vue, cela n'a pas renforcé la crédibilité des règles européennes."

Se disant "en accord avec la gouvernement français", le président de la Bundesbank rappelle que la Commission a indiqué que sa réduction du déficit, plus lente que prévue, ne serait pas atteinte sans mesures supplémentaires.

"Il s'agit avant tout de réduire les taux de prélèvements obligatoires et de renforcer la compétitivité de l'économie, en faisant baisser les coûts du travail et en diminuant les rigidités du marché du travail", dit-il.

Fitch Ratings a baissé vendredi la note souveraine de la France d'un cran à "AA" contre "AA+" auparavant, l'agence de notation estimant que la faiblesse de la conjoncture du pays mettait en péril les objectifs de réduction des déficits. (Chine Labbé)