La Finlande vers une quatrième année de récession en 2015

jeudi 11 décembre 2014 16h14
 

HELSINKI, 11 décembre (Reuters) - La Finlande devrait rester en récession en 2014 et 2015 en raison de la faiblesse de ses exportations et des difficultés de la Russie, l'un de ses principaux partenaires commerciaux, a déclaré jeudi la banque centrale du pays en révisant à la baisse ses prévisions de croissance.

Jadis érigée en modèle pour la vigueur de ses exportations et la solidité de ses finances publiques, la Finlande aura connu quatre années consécutives de contraction de son activité si cette prédiction se réalise.

La banque centrale prévoit désormais un recul de 0,2% du produit intérieur brut (PIB) cette année, contre une croissance nulle auparavant. Pour 2015, elle s'attend à une contraction de 0,1% au lieu d'une croissance de 1,4%.

Le retour à la croissance n'interviendrait qu'en 2016, avec une progression de 1,0% de l'activité.

Le PIB de la Finlande n'a toujours pas retrouvé son niveau de 2008 en raison de la baisse de ses exportations, estimée à 20% par la banque centrale, due aux difficultés de la zone euro, des problèmes de son industrie des télécoms avec Nokia et des tensions entre les pays occidentaux et la Russie au sujet de l'Ukraine.

La Russie est le troisième marché d'exportation de la Finlande et sa première source d'importations, notamment de gaz.

La banque centrale souligne en outre que les perspectives à long terme se sont détériorées car le nombre de Finlandais en âge de travailler devrait désormais diminuer pendant une dizaine d'années, ce qui devrait peser sur les finances publiques.

"Les défis sont d'une telle ampleur que l'ajustement des finances publiques dominera inévitablement le processus de décision politique au cours de la décennie à venir", a dit le gouverneur Erkki Liikanen, en invitant les forces politiques à débattre "à partir des faits" lors de la campagne pour les élections prévues en avril.

La Finlande est sortie le 10 octobre dernier du petit cercle des pays de la zone euro à bénéficier de la note de crédit maximale auprès des trois principales agences de notation.

Standard & Poor's lui a en effet infligé une dégradation, de AAA à AA+, en citant la difficulté du pays à renouer avec la croissance. (Jussi Rosendahl; Bertrand Boucey pour le service français, édité par Patrick Vignal)