11 décembre 2014 / 10:29 / il y a 3 ans

LEAD 2-CGG chute, l'Etat ne serait pas convaincu par CGG/Technip

* L'Etat pas convaincu par un rapprochement entre Technip et CGG-presse

* L'action CGG plonge de 11%, plus forte baisse du SBF 120

* Technip gagne 3% (Actualité avec réunion des syndicats à Bercy)

par Alexandre Boksenbaum-Granier

PARIS, 11 décembre (Reuters) - Le titre CGG chute lourdement jeudi, et dans des volumes nourris, à la Bourse de Paris à la suite d'une information de presse selon laquelle l'Etat ne serait pas convaincu par un rapprochement avec Technip .

Le mois dernier, Technip, le spécialiste français des équipements pétroliers et gaziers, a approché CGG en vue de racheter le groupe parapétrolier pour 1,47 milliard d'euros, mais son offre a été rejetée.

A 17h15, le titre CGG plongeait de plus de 11% à 7,19 euros, accusant ainsi la plus forte baisse de l'indice SBF 120 . Technip de son côté s'adjugeait au même moment 3% à 48,42 euros. Au même instant, le SBF 120 est pratiquement inchangé (-0,09%).

L'opération entre Technip et CGG ne convainc pas l'Etat pour le moment, écrit jeudi La Tribune sur son site internet, précisant que pour Technip, le dossier se complique un peu plus même si l'Etat a une position de neutralité dans le projet.

Selon le journal, une expertise de l'Etat est en cours.

Interrogé par Reuters, CGG a dit ne pas avoir été informé de la nomination d'un expert pour évaluer l'offre de Technip. De son côté, Technip n'a fait aucun commentaire et personne n'était joignable dans l'immédiat à Bercy.

Une cinquantaine de salariés de CGG ont manifesté devant le ministère de l'Economie ce jeudi à Bercy, a constaté Reuters, alors qu'une délégation syndicale devait être reçue dans l'après-midi par un conseiller d'Emmanuel Macron.

Les salariés de CGG ne sont pas forcément contre un rapprochement avec un acteur français du secteur mais ils se disent inquiets de l'avenir de l'activité "acquisition" du groupe, dont Technip souhaiterait se séparer.

"Nous sommes pour une solution qui permette de conforter le capital de l'entreprise et de passer les cycles qui s'annoncent mauvais", a déclaré à Reuters Irène Huard, déléguée syndicale de la CGT.

"Pourquoi pas Technip si on a des garanties sur le projet industriel. Mais ça, c'est l'Etat qui peut nous les apporter", a-t-elle ajouté.

"DES GENS ONT INTÉRÊT À FAIRE BOUGER LE TITRE"

"Nous pensons que le rôle de l'Etat français est clé dans le projet", commente un trader en poste à Paris, estimant que pour s'attirer les faveurs de l'Etat il faudra à Technip donner des garanties en termes d'emplois.

L'Etat est indirectement présent au capital des deux sociétés à travers bpifrance, qui détient quelque 7% de CGG et 5,2% de Technip selon les données de Thomson Reuters.

Un autre opérateur de marché souligne quant à lui une augmentation des ventes à découvert ce jeudi sur CGG, qui était une valeur avec un niveau de "shorts" élevé avant les rumeurs de rapprochement avec Technip.

Selon des données Markit, le niveau de ventes à découvert - titres qu'un investisseur ne détient pas encore mais dont il anticipe la baisse - représente 7% du nombre total de ses titres en circulation, contre près de 15% en septembre.

A titre de comparaison, ce niveau est en moyenne de 3,3% pour le CAC 40.

Un gérant de fonds basé à Londres a aussi indiqué qu'une rumeur d'abandon du rachat de CGG par Technip circulait aussi sur les marchés.

Entre le 20 novembre - date à laquelle Technip a annoncé avoir approché CGG en vue d'un rachat de la société - et le 10 décembre, l'action du groupe de services et d'équipements géophysiques a grimpé de 24% quand le secteur européen des valeurs parapétrolières affiche une baisse de 21% avec les prix du baril de Brent (-18%).

"Il y a des gens qui ont intérêt à faire bouger le titre d'un côté ou de l'autre, les arbitragistes s'en donnent à coeur joie", a déclaré à Reuters une source proche du dossier.

L'Autorité des marchés financiers (AMF) a indiqué à Reuters la semaine dernière ne pas avoir demandé "à ce stade" à Technip de clarifier ses intentions sur CGG, tout en se disant vigilante. (Avec Michel Rose et Matthieu Protard, édité par Jean-Michel Belot)

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