La courbe des rendements grecs s'inverse par crainte d'un défaut

mercredi 10 décembre 2014 17h19
 

* La présidentielle avancée alimente la nervosité sur les marchés

* Le marché voit monter le risque d'une dépréciation de la dette

* Le courant de vente pourrait durer des semaines - analystes

par John Geddie

LONDRES, 10 décembre (Reuters) - Les coûts d'emprunt à court terme de la Grèce se sont envolés mercredi, dépassant nettement les rendements à long terme, une inversion inhabituelle qui reflète la crainte des investisseurs de voir l'instabilité politique ramener Athènes au bord du défaut de paiement.

Ce mouvement fait suite à un vif regain de tension sur les marchés mardi après la décision du Premier ministre Antonis Samaras d'avancer l'élection présidentielle de deux mois, un pari qui risque de propulser au pouvoir le parti Syriza, ancré à gauche et opposé au plan d'aide international.

Une telle éventualité effraie évidemment les investisseurs sur le marché obligataire.

Le rendement de la dette grecque à trois ans a bondi de plus de 130 points de base à 9,64%, au plus haut depuis l'émission de l'obligation souveraine en juillet et à un niveau supérieur au rendement de son équivalent à dix ans, qui a grimpé de 59 points de base à 8,70%. (Pour le graphique de la courbe des taux grecs: link.reuters.com/zuj63w)

"Cette inversion indique qu'il existe une crainte de nouvelles dépréciations potentielles de la dette, les esprits étant focalisés sur Syriza qui, sans aucun doute, exercerait une forte pression en faveur d'une telle politique", note le stratège de marché de Rabobank Lyn Graham-Taylor.   Suite...